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Siwel : Agence kabyle d'information

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    EXIL (SIWEL) — La présidence du Gouvernement provisoire kabyle en exil a transmis à Siwel un communiqué dans lequel le président de l'Anavad, Ferhat Mehenni, rend hommage à l'ancien maire d'Aubervilliers, ami de la cause kabyle, décédé vendredi soir après de longues années de lutte contre le cancer :

    Hommage de Ferhat Mehenni à son ami Jacques Salvator
    ANAVAD AQVAYLI UΣḌIL
    GOUVERNEMENT PROVISOIRE KABYLE
    PROVISIONAL GOVERNMENT OF KABYLIA


    C'est avec beaucoup de tristesse que le President de l'Anavad a appris le décès de son ami Jacques Salvateur pour lequel il avait mené campagne en 2007 pour son élection en tant que maire d'Aubervilliers.

    Ami de la cause kabyle, Jacques Salvator avait toujours répondu positivement aux sollicitations de M. Ferhat Mehenni. Ce dernier présente à Evelyne Yonnet et à tous les proches du défunt ses condoléances les plus attristées.

    Exil, le 11/03/2016
    Présidence

    wbw
    SIWEL 121810 MAR 16


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    TUVIRET (SIWEL) - Après sa réélection à la tête du Mouvement pour l’Autodétermination de la Kabylie (MAK), à l’issue du congrès tenu, rappelons-le, le 26 février 2016 à At-Zellal, dans la commune de Souamaâ, Bouaziz Aït-Chebib a réservé sa première sortie sur le terrain, laquelle a eu lieu aujourd’hui, 12 mars 2016, pour le département de Bouira. La mission exacte du Président du MAK dans cette partie géographique de Kabylie repose en fait sur plusieurs segments, entre autres le renouvellement de certaines structures du MAK et le passage en revue de certains volets politiques avec les responsables locaux.

    La première sortie sur le terrain après sa réélection, Bouaziz Aït-Chebib l’a réservée pour Tuviret (Bouira)
    En effet, au niveau de Bouira centre, Bouaziz Aït-Chebib a procédé au renforcement des structures du Conseil Universitaire, et ce sans omettre de passer en revue les défis que doit relever la grande famille militante et patriotique du MAK, notamment son aile universitaire. Bouaziz Aït-Chebib saisira également cette opportunité pour renouveler son soutien des plus indéfectibles à Mazigh Tamsawt suite aux harcèlements et pressions dirigés contre sa personne par les policiers. L’une des agressions policières dont a été victime Mazigh Tamsawt remonte à Samedi dernier. A cause de son appartenance au MAK, sa présence à la gare de Bouira, lieu public pourtant, a donné suffisamment de prétexte aux policiers pour l’embarquer au commissariat où il a subi toute sorte d’aléas.

    Une fois rassuré ce militant et combattant de la cause kabyle de la sympathie que lui manifeste le MAK, Bouaziz Aït-Chebib prend la direction de Raffour où il a procédé à l’installation provisoire de la coordination MAK locale. Et il l’a fait déjà auparavant à Bouira centre, le Président du MAK a développé devant les cadres locaux du MAK, juste après leur installation à leurs postes de responsabilités des enjeux mondiaux du moment et des missions à court, moyen et long terme du MAK pour atteindre enfin le seul et unique objectif : l’autodétermination du peuple kabyle. En sa qualité de spécialiste des sciences politiques, le Président du MAK a pu informer ses interlocuteurs de Raffour de la signification et la portée des grandes décisions politiques arrêtées à l’échelle internationale et régionale.

    Une fois sa mission à Raffour terminée, Bouaziz Aït-Chebib prend ensuite la direction de Lesnam où il a rencontré les membres de la coordination MAK locale. Le président du mouvement souverainiste kabyle a rassuré ses interlocuteurs de sa solidarité et son soutien agissant devant les pressions et les harcèlement policiers dont ils sont victimes. A rappeler que plusieurs militants de cette localités ont été empêchés d'atteindre le lieu du 3ème congrès et transféré dans plusieurs commissariats de Tizi Ouzou où ils ont subi des interrogatoires.

    A l’instar de leurs camarades de combat de Raffour, les cadres du MAK de Lesnam ont pris connaissances des lourds dossiers de géopolitique et géostratégique en vigueur, et bien entendu l’élément principal de l’équation : l’autodétermination du peuple kabyle.

    Notons enfin que le calendrier du Président du MAK est très chargé à l’heure actuelle et le restera certainement durant plusieurs mois à venir. En effet, après avoir amorcé le virage ayant conduit à l’organisation du congrès, Bouaziz Aït-Chebib et ses collaborateurs sont tenus d’instruire à présent de très lourds dossiers. Et le pouvoir d’Alger le sait parfaitement d’où la panique qui s’empara de lui. Les meetings animés respectivement par le MSP et le RND à la maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou à une semaine d’intervalle où maladroitement ont crié à « sauver l’unité nationale » sont bel et bien des indicateurs de l’effritement de l’Etat-nation à l’Algérienne. Pour certains observateurs, c’est aussi cette fin de croyance à cette « Algérie, une et indivisible » qui a poussé certains hauts dirigeants algériens, en association avec des organisations criminelles internationales, à détourner du trésor public algérien 850 milliards de dollars. C’est ce montant, qui durant longtemps, a été considéré comme les réserves nationales algériennes de change.

    Le MAK poursuit son combat dans la dignité et la fraternité kabyle. Ni la répression, ni les intimidations encore moins les pseudo-solution telles que l'officialisation de T amazight ne pourront altérer sa détermination à libérer la Kabylie.

    Said Tissegouine


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    AT IRATEN (SIWEL) - Fidèle à son statut de petit scribouillard et surtout de bélître, le chef de daïra de Larvɛa n At Iraten n’a pas trouvé mieux à faire aujourd’hui pour plaire à ses maîtres du moment que de ne pas autoriser la conférence que devait animer à la bibliothèque communale l'universitaire et militant kabyle Hacène Hirèche sur le thème "Connaitre nos comportements à l'aide d'outils simples de Programmation Neurolinguistique (PNL) et de l'Analyse Transactionnelle (AT)"

    Larevɛa n At Iraten : Le
    Devant ce qui semble de toute évidence un déni du droit d’exercice de droits citoyens, la Confédération de Larebâa n At Iraten dont les membres étaient sur place avec le conférencier, a vivement réagi à l’attitude infâme de ce fonctionnaire de l'administration coloniale en déclarant que « dorénavant, aucune autorisation ne sera adressée à aucune institution s’identifiant comme « algérienne » pour que Larvɛa n At Iraten, terre des Hommes libres, et séculairement combattante pour l’émancipation du peuple kabyle, abrite des rendez-vous scientifiques, politiques et culturels jugés d’intérêt ! »

    L’acceptation ou le rejet de quelque conférence que ce soit, poursuivent les représentants de la Confédération de Larvɛa n At Iraten, relèvent de la seule compétence et autorité citoyennes ».

    De son côté, le Président du MAK, Bouaziz Ait Chebib, a appelé par téléphone Hacène Hirèche pour lui manifester sa sympathie et le rassurer du soutien indéfectible de toute la famille militante et patriotique du MAK.

    Said Tissegouine


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    WIZGAN-BOUZEGUENE (SIWEL) — La rédaction publie une lettre ouverte rédigée par un groupe de citoyens de la commune de Wizgan (Lɛerc At Yejjar), dont est d'ailleurs originaire le président actuel du RCD, dans laquelle ces derniers condamnent la dernière attaque du RCD contre le MAK qu'il accuse d'être un parti "extrémiste" :

    Lettre ouverte d'un groupe de citoyens kabyles au président du RCD
    LETTRE OUVERTE À MOHCINE BELABBAS DU RCD

    Lors d’une émission que vous a accordée une chaine de télévision antikabyle, vous avez porté gravement atteinte à la Kabylie.
    En zozotant en arabe, vous avez déblatéré sur une Kabylie où tout baigne selon vous et vous vous étonnez de l’existence d’une revendication d’autodétermination.
    C’est votre analyse, on vous la laisse d’autant que votre prédécesseur au poste que vous occupez aujourd’hui a déjà déclaré il y a quelque temps « s’être trompé de peuple » à propos de la région ; que la démarche du MAK « est sans issue » et « qu’il ne faut pas que le remède soit pire que le mal », etc. Votre opinion est faite et tout le monde le sait.

    Jusqu’ici c’est acceptable. Mais en qualifiant gratuitement le MAK de parti extrémiste, vous proposez à vos parrains un blanc seing pour la répression de militants kabyles.

    C’est une honte absolue !

    Nous, groupe de citoyens de Bouzeguène, condamnons avec la dernière énergie votre attaque pernicieuse contre un mouvement politique pacifique où militent nos frères et sœurs pour une noble cause.

    Où étiez-vous donc M. Bélabas lorsque en 1991 lors des législatives, seule notre circonscription électorale a sauvé l’honneur de votre parti le RCD grâce à un certain Ferhat Mehenni que vous fustigez aujourd’hui, toute honte bue ?

    On vous a compris. Les législatives approchent. Tranquillisez-vous donc ; vous aurez votre quota de députés et vous y serez, c’est clair.

    Nous épargnons volontiers ceux de votre parti qui compléteront votre liste, car ils sont avant tout des victimes de votre cupidité. Mais votre propre strapontin, M. Bélabas, ne sera pas un mandat de député. Il sera un simple hochet symbole de votre concussion politique car vous serez un député abstrait qui n’aura de racines ni à Alger, ni à Annaba, ni à Oran et ni à Ouargla. Quant à la Kabylie …

    Votre strapontin est d’ores et déjà des arrhes d’un tueur à gages. Il ne sera rien d’autre.

    Notre objet n’est pas de défendre la MAK, il sait le faire très bien par lui-même et d’ailleurs nous saluons sa réaction pleine de dignité et de sagesse où votre nom n’est même pas cité.

    Durant votre mandat vous roulerez carrosse, vous habiterez villa et vous conforterez votre porte-monnaie. Certes. Mais Et l’anaya kabyle vous hantera toute votre vie comme cet œil qui poursuit partout Caïn qui a tué son frère Abel.

    WIZGAN (BOUZEGUÈNE), LE 12 MARS 2016
    UN GROUPE DE CITOYENS

    SIWEL 122217 MAR 16


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    SUISSE (SIWEL) - La diaspora kabyle reste viscéralement attachée à sa kabylité. Elle le démontre à travers ses actions de mobilisations à chaque fois que leur mère patrie est agressée par l’Algérie coloniale. La communauté kabyle en Suisse a toujours été au RDV avec l’histoire en exprimant son soutien au MAK à travers une multitude de formes dont l’installation de sections affiliées au mouvement souverainiste kabyle, l’organisation de conférences et de rassemblements, le lever du drapeau kabyle …

    L'Association des Kabyles de Suisse au service de la Kabylie libre
    Le travail de conscientisation se fait de façon permanente. L’Association des Kabyles de Suisse (AKS), l’une des premières association dans l’histoire de la Kabylie à s’affirmer en tant que Kabyle constitue un des meilleurs vecteurs qui sensibilise la communauté kabyle et la communauté internationale afin de faire connaître le peuple kabyle et ses aspirations légitimes à accéder à son autodétermination.

    Au-delà de l’activité politique et culturelle, l’apport de l’Association des Kabyles de Suisse touche aussi le volet financier. Elle ne rate aucune occasion pour aider les militants du MAK qui font face au quotidien aux terribles pressions et menaces des services coloniaux algériens.

    Le président du MAK tient à exprimer son profond respect et ses remerciements fraternels à l’AKS pour avoir offert au mouvement souverainiste un matériel audio-visuel afin d’assurer une meilleure couverture de ses actions et de ses activités. Ce matériel va permettre aux militants du MAK de mettre en place prochainement une chaîne de TV Kabyle dans le but de vulgariser au maximum le combat de la nation kabyle.


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  • 03/13/16--08:29: Le RCD contre le MAK
  • CONTRIBUTION (SIWEL) — S’étant aperçu depuis 2009 que le nombre d’adhésions des kabyles aux idéaux du MAK accroit considérablement, le parti de Said Sadi avait commencé par tenter de faire barrage. Puis, constatant à son grand dam que son entreprise fut un fiasco retentissant, il opéra alors un revirement tactique par lequel il feint de se rapprocher de ce qu’il considère comme son ennemi mortel, pire que le FFS, le Mouvement pour l’Autodétermination de la Kabylie qu’il invita même à une de ses rencontres appelée « la convention nationale » en 2012. Le 12 janvier dernier, la gifle a sonné sur sa joue quand dans sa globalité, la Kabylie avait répondu à l’appel du MAK pour la célébration de Yennayer.

    Le RCD contre le MAK
    Le rapprochement du RCD avec les indépendantistes kabyles était déjà consommé en avril 2015, mais non acté avant ce 08/03/2016. En effet, invité sur le plateau d’une chaîne de télévision arabe, ABC, émettant depuis Londres, Mohcine Belabbas abat enfin ses dernières cartes et nous laisse comprendre mieux pourquoi ceux qui dirigent le «seul parti démocrate en Algérie», comme ils aiment tant se définir, n’aient jamais condamné les arrestations quasi-quotidiennes des militants du MAK.

    À la remarque de son interviewer selon laquelle, en Kabylie, le MAK est en train de supplanter le FFS et du RCD (les deux partis algérianistes kabyles, mais néanmoins frères-ennemis), le Medvedev de Sadi répond : « Je crois qu’il n’existe pas, à ce jour, en Kabylie, un problème qui s’appelle l’autodétermination ! » Il ajoute plus loin, «il n’y a pas de place en Kabylie pour un parti extrémiste !»

    En assimilant le MAK à un parti politique, il décrète du coup que le droit d’un peuple à son autodétermination est de l’extrémisme. À moins de considérer que ce droit soit valable pour tous les peuples du monde à l’exception du peuple kabyle.

    Par Mohcine Belabbas, les masques du RCD tombent enfin ! De tradition au RCD, le poste de numéro 2 est avant tout le réceptacle docile dont l’occupant, avec de la suite dans les idées du maitre, sert d’abord de chevrotine pendant les purges avant de se voir éjecté lui aussi et manu militari non sans se voir à son tour accusé de complot et de trahison. Et c’est toujours par l’éviction du numéro 2 que se soulève le couvercle de la marmite fumante du RCD, pleine de futilités, ambitions, ragots, accords suspects, faux-semblants et contre-vérités.

    M. Mohcine Belabbas, président du RCD devant l’éternel… Saïd Sadi, se nourrit de deux illusions, la première est qu’il se croit vraiment au commandement du vaisseau à tel point qu’il prend à son compte l’alliance honteuse avec des criminels islamistes, alliance imposée à son parti et à son insu depuis que la question de l’autodétermination du peuple kabyle est justement posée. La deuxième illusion et qui le rend si imbu d’un sentiment panarabiste qu’il harangue dans un arabe châtié, le cède à la conviction que les prochaines échéances électorales confirmeront le fort, le très fort ancrage de son parti ! S’il parle de l’encrage de son parti dans les différentes régions d’Algérie, le leurre est donc énorme vu que son parti n’enregistre pas plus de 15 militants non kabyles après 27 ans d’existence. S’il parle de l’encrage de son parti en Kabylie, le leurre est aveuglant et critique, les sénatoriales passées indiquent qu’il est en passe d’y être délogé définitivement.

    .
    Toutefois, depuis novembre dernier, des rumeurs, puis des informations font état de visites régulières au Maroc des deux plus hauts responsables du RCD, Mohcine Belabbas et Said Sadi. Il est pour le moins curieux que ces voyages s’intensifient depuis que le Royaume Chérifien, lors la 70ème session de l’ONU, se soit prononcé en faveur du droit du peuple kabyle à son autodétermination.

    L’on susurre dans les milieux initiés que leur mission secrète, confiée par Alger, ne serait rien d’autre que d’amener le Maroc à se rétracter sur sa position favorable au MAK et au Gouvernement Provisoire Kabyle en exil, en contrepartie d’une promesse illusoire d’un lâchage à terme du Polisario par l’Algérie. Pour ce faire, un poste d’ambassadeur d’Algérie au Maroc pour l’un des deux protagonistes serait un excellent investissement.

    Affaire, à suivre...

    Raveh At Xalfun.

    SIWEL 131629 FEV 16


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    SAN FRANCISCO & NEW YORK (SIWEL) — Les sections du MAK-Californie et MAK-New York ont initié une campagne « 30 minutes pour la Kabylie » pour financer les activités du Mouvement pour l'autodétermination de la Kabylie sur le terrain où les militants souverainistes subissent les intimidations et le harcèlement de la part de l'administration coloniale algérienne, SIWEL publie ci-après leur appel :

    Amérique du Nord : Opération « 30 minutes pour la Kabylie » au bénéfice de la Kabylie
    Chers filles et fils de Kabylie,

    Nous vous écrivons au nom du combat du MAK et de notre pays la Kabylie. Au cours des deux derniers mois, nous avons fourni notre aide, de tout ce que nous pouvions à partir des États-Unis et de notre communauté environnante pour la Kabylie.

    Nos militants ainsi que le président du MAK en Kabylie luttent chaque jour pour notre droit à l'autodétermination. Beaucoup de ces militants viennent de couches sociales défavorisées et de familles pauvres qui travaillent dur pour survivre. Mais ils ne manquent jamais les rendez-vous du MAK sur le terrain.

    Nous avons rencontré des gens extraordinaires sur les réseaux sociaux comme Facebook, Twitter et d'autres services qui sont prêts à apporter leur aide à la Kabylie. Alors, comme Matoub Lounes avait l'habitude de dire, WHY NOT !

    L'opération que nous avons créée s'appelle « 30 minutes pour la Kabylie », cela fonctionne d'une manière très simple. Il s'agit de faire des dons au MAK sans toucher à votre salaire. L'idéal est de travailler 30 minutes supplémentaires pour ceux qui sont en mesure de gérer leur emploi du temps et donner les bénéfices de ces 30 minutes au MAK. Nous comprenons que nous avons tous des salaires et des heures payées différents. d'une personne à une autre.

    Chaque fin de mois, l'argent ira directement à la Kabylie, pour financer les activités pacifiques du MAK et offrir un meilleur environnement à nos courageux militants. Nous sommes particulièrement à la recherche de dons pour financer des événements à venir en Kabylie en particulier en Avril prochain.

    Nous avons déjà initié des actions de financement généreux que nous avons reçu des membres de notre communauté et les citoyens qui ont déjà signé avant même l'annonce de notre projet.

    En tant que communauté installée aux États-Unis et au Canada, il nous est extrêmement important que nous développions notre future Kabylie. Nous espérons donc que vous serez en mesure de nous rejoindre dans le financement de la construction de notre indépendance.

    Nous sommes particulièrement à la recherche de dons pour chaque semaine, avec seulement une demi-heure de votre travail pour moins de 5 $. Nous serons toujours très reconnaissants de votre soutien. Des Newsletters seront envoyées par mail chaque vendredi soir pour tous ceux qui s'inscrivent.

    Vous pouvez utiliser le compte bancaire sur le site officiel du MAK, Western Union ou même envoyer un chèque.

    Tout soutien sera très apprécié par nous et par tout le monde au sein du MAK à qui nous rendons service. Si vous avez des questions, prière de nous contacter via les pages Facebook du MAK et « MAK Californie » ou par e-mail.

    Cordialement votre,
    Thinhinane Ouali & Salem Aomari

    Pour la Californie, prière de contacter :
    Tinhinane Ouali
    Nina.ouali1[AT]gmail.com
    415-786-9631

    Pour New York, prière de contacter :
    Salem Aomari
    Saymak656[AT]gmail.com
    347 549 5665.

    SIWEL 131728 MAR 16


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    MONTREAL (SIWEL) — Le Pr. Racid At Ali uQasi rend hommage à son compagnon de lutte pour les causes kabyle et amazighe, l'ingénieur Ramdane Aissani, originaire du village de Tizi Lhed (Bunuh/Vughni) dans Lɛerc At Mendes, décédé à l'âge de 64 ans au Québec :

    Décès de Dda Ramdane Aissani : Témoignage et hommage du Pr. Racid At Ali uQasi
    Aujourd’hui je viens de recevoir la mauvaise nouvelle du décès d'un ami intime et de longue date, soit depuis que j'ai mis les pieds au Canada au milieu des années 90s. Il s'agit de Ramdane Aissani (64 ans environ) qui faisait parti de ces orphelins Kabyles, fils de martyrs de la guerre de libération contre les français, et que la misère a marqué mais aussi façonné.

    A l’indépendance, il était major de promotion du fameux lycée technique de Dellys qui lui a valu une bourse d’études aux USA, couronné d’un diplôme de génie électrique de l’université de Boston à Massachusetts après une année passée à l’université de Syracuse, état de New York.

    A mes débuts dans le pays d’érable, moi et le regretté, fils de Tizi Lhed à Bounouh (Boghni), avons travaillé dans une même compagnie de télécommunications, Nortel Networks ou nous avons travaillé comme ingénieurs dans la région de la capitale nationale.

    Il reste que les moments les plus importants que nous avons vécu ensemble restent le militantisme pour notre cause que nous portons au point culminant de nos priorités; à savoir la Kabylité et l’Amazighité.

    D'abord les événements du printemps noir 2001, où nous avons été de tous les rendez vous: Marche devant la maison blanche à Washington DC, Rassemblement devant le siège de l'ONU à New York, Toutes les marches devant l'ambassade d’Algérie à Ottawa, parlement canadien et consulat à Montréal pour dénoncer la répression et l'assassinat des 126 jeunes kabyles (2001-2004).

    Le regretté Ramdane Aissani, que mes enfants adorent et appellent le Sean Connery Kabyle tellement la ressemblance est frappante avec l'acteur américano-écossais qui a campé le rôle de James Bond, était de tous les rendez vous culturels qu'ont organisé toutes les organisations culturelles amazighs existantes au Canada depuis l'association Tafsut Imazighens dans les années 70 avec son fondateur Amar Ouerdane entre autres, et l'association Averoes jusqu'aux plus récentes dont la fondation Tiregwa, l'association ACAOH, le CAM, INAS...

    En 2000, nous nous sommes donnés corps et âme pour le téléthon BRTV. Je me rappelle qu'on a fait presque tous les commerçants Kabyles de Montréal pour ramasser de l'argent pour aider à sauver Berbère TV. On voyait en elle le début de la solution à notre drame identitaire.

    Ramdane Aissani était un rassembleur, un spirituel au look angélique. Il avait la Kabylité et l'Amazighité dans ses tripes. On passait parfois chez lui, parfois chez moi, d’autres fois des heures et des heures au téléphone à discuter du comment contribuer pour sortir notre terre Kabylie/Tamazgha de la catastrophe dans laquelle elle se trouve.

    Il avait reçu chez lui plusieurs personnalités artistiques, scientifiques et politiques, parmi nos invités, dont Ali Amran, Makilam, … et Ferhat Mehenni. Envers ce dernier il voue un profond respect et dont l’idée d’autonomie l’emballait au point d’assister au récent pré-congrès du MAK en Amérique, fin novembre 2015. C’était sa dernière apparition publique avant de tomber gravement malade.

    Un mois avant il tenait aussi à recevoir le chanteur mythique Assam Mouloud chez lui. Sa maladie ne lui a pas permis, mais il a tenu à se déplacer pour son spectacle le 31 octobre 2015. Il m’a dit ce jour là : Merci Rachid d’avoir rendu un de mes rêves possibles, celui de faire revenir le mythe Assam Mouloud sur scène.

    Ramdane Aissani était très généreux, toujours présent quand il le faut. A mes débuts d’animateur journalistique à Berbère TV, avec l’amission Akkin i Latlantique (2005-2007), il me proposait souvent sa maison pour abriter quelques numéros dont la fameuse rencontre avec Sœurs Madeleine et Cécile, aujourd’hui décidées. Ces deux québécoises qui parlaient parfaitement le Kabyle puisqu’elles étaient à Bounouh dans les années 40/50.

    L’émission a fait énormément de succès partout en Kabylie, en France, en Europe et en Amérique. Elle a été rediffusée à plusieurs reprises. C’était émouvant! Aussi un moment de bonheur pour Ramdane Aissani puisqu’il se rappelait bien de ces deux sœurs tout petit qu’il était durant la guerre de libération. Il était ce jour avec sa sœur ainée Nna Madouda qui était venue lui rendre visite au Canada. Elle avait participé à l’émission ce jour là.

    Mon plus grand souhait est que Berbère TV fouille dans ses archives pour retransmettre telle émission et voir comment Nna Madouda conversaient avec Sœurs Madeleine et Cécile en Taqbaylit.

    Toutes mes condoléances à sa femme et ses beaux enfants Idir, Ouiza et Massil. Quels beaux prénoms Kabyles! Tout un message!

    Adieu mon ami Ramdane. Reposes en paix. Rendez vous dans l’au delà ou, s’il existe, je vais certainement te retrouver, quand mon heure sonnera, aux côtés de Ouali Bennai, Mouloud Mammeri, Lounes Matoub, Sifaw Said Mahroug, Ali Azaykou, et tous les militants spirituels Kabyles/Amazighs justes et sincères comme tu l’as toujours été.
    Plus de détails suivront pour ce qui est du lieu et de la date du recueillement.

    Une boite de dons est placé au café de Tikjda, sis. 3880, Rue Bélanger Est, pour ceux qui veulent aider sa famille à la préparation des funérailles qui auront lieu à Montréal. Sinon vous pouvez me contacter personnellement par facebook.

    NB :
    Je vous laisse avec ces quelques moments ou le regretté Ramdane Aissani posait une question au Chercheur Dr. Youcef Allioui (auquel il voue un grand respect), invité de la fondation Tiregwa en été 2012. Voir à partir de la minute 3min30.
    https://www.youtube.com/watch?v=Vt7UG9_04NY

    Racid At Ali uQasi
    Ottawa, 13 mars 2016


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    IWADIYEN (SIWEL) — Cylia Rezzik, âgée de 21 ans, est portée disparue depuis qu'elle a quitté le domicile familial sis à At Lqaid (Agni Ggeɣran, Iwadiyen) jeudi 10 mars vers 10h du matin

    Alerte : Disparition inquiétante à Iwadiyen
    Cylia est petite de taille, blonde au yeux noisettes, très mince, portait un jeans bleu gommé, demi cavalière grise, veste noire en cachemire et une écharpe rose bonbon avec des motifs noirs.

    Un avis de recherche dans l'intérêt des familles a été immédiatement émis par ses proches sur les réseaux sociaux en priant ceux qui l'aperçoivent ou possèdent des renseignements à son sujet de contacter les numéros suivants :

    05 40 23 80 52
    07 90 63 47 28
    05 50 42 53 05

    wbw
    SIWEL 140130 MAR 16


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    TIZI-WEZZU (SIWEL) — Le Conseil universitaire du Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK) de l'université Mouloud Mammeri de Tizi Wezzu, a appelé aujourd’hui dans une déclaration parvenue à Siwel, à un rassemblement ce mercredi 16 mars 2016 à 11h

    Le Conseil universitaire MAK de Tizi Wezzu appelle à un rassemblement ce mercredi
    Les étudiants de l’université de Tizi-Wezzu, militants souverainistes et sympathisants du MAK, appellent l'ensemble des citoyens kabyles à venir assister au rassemblement pacifique qui aura lieu le mercredi 16 mars 2016 à 11h devant le portail de l'université Mouloud Mammeri (Ihesnawen) pour dénoncer :

    - Les harcèlements et les intimidations à l'encontre des militants du MAK
    - Les arrestations arbitraires des citoyens et commerçants kabyles
    - L'atteinte à la liberté d'expression et de penser
    - L'opération d'arrestation des militants lors du Congrès du MAK le 26 février 2016

    wbw
    SIWEL 140231 MAR 16



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    MAROC (SIWEL) - Suite à la visite du Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, le Mouvement pour l'Autonomie du Mzab (MAM) a rendu public le communiqué suivant :

    MAM : Ban Ki-moon a parlé en Tamazight mais n’a rien dit sur les Amazighs victimes de la répression en Algérie
    Mouvement pour l'Autonomie du Mzab

    Ban Ki-moon a parlé en Tamazight mais n’a rien dit sur les Amazighs victimes de la répression en Algérie


    Avant sa visite en Algérie, plusieurs organisations amazighes l’ont saisi par voie de courrier afin de l’interpeller sur les pratiques racistes exercées par les autorités algériennes contre les Amazighs en général et les détenus des droits de l’Homme à Ghardaia en particulier.

    Une semaine auparavant, la famille du Dr Kameleddine Fekhar s’est adressée aux journalistes dans une conférence de presse organisée au siège des syndicats à Alger dans le but de sensibiliser l’opinion algérienne et internationale sur les souffrances qu’endure leur fils qui venait d’entamer sa 3ème grève de la faim depuis son arrestation arbitraire le 09 juillet 2015 avec ses compagnons militants Amazighs par les services répressifs algériens aux environs de 20h alors qu’ils priaient. Des accusations gravissimes ont été fabriquées de toutes pièces à leur encontre pouvant aller jusqu’à l’emprisonnement à vie.

    La famille du Dr Fekhar a lancé un appel de détresse au Secrétaire Général de l’Organisation des Nations Unies afin d’intervenir auprès du pouvoir algérien pour procéder à la libération des détenus et mettre fin à leurs souffrances qui ont été dénoncées et condamnées par plusieurs ONG des droits de l’Homme dans leurs rapports de 2016 à l’instar de Human Rights Watch et Amnesty International.

    Après une semaine de grève de la faim observée par Sofghalem Kacem et le Dr Fekhar, l’état de santé de ce dernier s’est détérioré de manière grave au point qu’il n’a pas assez de force pour bouger sans oublier qu’il souffre d’une hépatite et le pire vient du fait qu’il soit privé de soins par l'administration pénitentiaire de Ghardaia.

    La visite de Ban Ki-Moon en Algérie n’a rien apporté de nouveau et n’a pas été à la hauteur des aspirations et des espoirs de la famille du Dr Kameleddine Fekhar. Bien au contraire, au lieu de condamner les violations des droits de l’Homme commises par l’Etat algérien, l’ONU a salué dans un communiqué diffusé sur son site l’accueil chaleureux réservé au Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies par les autorités algériennes.

    Nous renouvelons notre appel pour les organisations des droits de l'homme et humanitaire, la Croix-Rouge internationale, l'Organisation mondiale de la Santé, l'Organisation « Avocats sans frontières », l’organisation « journalistes sans frontières » afin de condamner et faire pression sur le pouvoir algérien pour libérer le Dr Kameleddine Fekhar , médecin de formation, défenseur des droits de l’Homme des droits du peuple du Mzab. Il a mené un combat politique et pacifique en intervenant sur plusieurs sites, journaux, télévisions et radios étrangères afin de mettre à nu le régime infâme d’Alger et le racisme qu’il pratique à l’encontre des Amazighs du Mzab.

    Maroc, le 13 mars 2016
    Le porte-parole officiel du Mouvement pour l'Autonomie du Mzab
    Khodir Sekkouti


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    DIASPORA (SIWEL) — Le ministère de la Langue et de la Culture kabyles et le Réseau Anavad, ont fait parvenir à notre rédaction un appel aux artistes et associations culturelles Kabyles en vue de participer à la double commémoration du printemps amazigh de 1980 et du printemps noir de 2001 qui aura lieu le 17 avril 2016 à Paris. A l’effet de préparer cette double journée commémorative, Mme Sakina Aït Ahmed et M. Ahmed Haddag convient les artistes et associations culturelles Kabyles à une réunion de concertation et les invitent à prendre contact avec eux par e-mail à cette adresse : lereseauanavad@gmail.com Siwel publie ci-après l’intégralité de l’Appel

    Appel du Réseau Anavad et du Ministère de la Langue et de la Culture kabyles aux artistes et associations culturelles kabyles
    Ministère de la Langue et de la Culture Kabyles
    Réseau ANAVAD


    APPEL AUX ARTISTES ET ASSOCIATIONS CULTURELLES KABYLES

    TIΓRI I TNAẒUṚIN D INAẒUREN D TDUKLIWIN TIDELSANIN TIQVAYLIYIN YAL YIWET YAL YIWEN S YISEM-IS


    Le Ministère de la langue et de la culture kabyles en partenariat avec le Réseau Anavad , appellent les artistes et les associations culturelles Kabyles à participer à la double commémoration du printemps amazigh de 1980 et du printemps noir de 2001 :

    LE DIMANCHE 17 AVRIL 2016

    Monsieur Ahmed Haddag et Madame Sakina Aït Ahmed souhaitent vous inviter très prochainement :

    A UNE RÉUNION DE CONCERTATION

    De façon à échanger avec vous sur les modalités du déroulement de l’événement en hommage au peuple et aux militants kabyles qui se sont soulevés pour défendre la langue et la culture kabyles , et qui, pour un grand nombre d'entre eux, sont tombés sous les balles assassines des gendarmes algériens

    A cet effet, nous vous proposons de nous contacter à l'adresse email suivante :

    lereseauanavad@gmail.com

    Pour la réussite de cette journée de commémoration de ces dates repères de notre histoire récente, votre participation est indispensable.

    Ad yidir yedles aqvayli
    Ad yidir weghref aqvali
    Tajmilt i ymeghrasen n tlleli


    SIWEL 141349 MAR 16


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    AT KHELLILI (SIWEL) - Le Président du Mouvement pour l’Autodétermination de la Kabylie (MAK), Bouaziz Aït-Chibib, accompagné de l’un de ses proches collaborateurs, Kamel Chetti en l’occurrence, a procédé aujourd’hui à l’installation de la section MAK du village Hichem dans la commune d’At-Khellili. Le premier responsable du MAK a procédé également ce jour même à la mise en place de la coordination MAK d’At-Khellili.

    Commune d’At-Khellili : Bouaziz Aït-Chebib installe la  coordination MAK locale et la section de Hichem
    Il va sans dire qu’à l’occasion de ces deux rendez-vous, Bouaziz Aït-Chebib a énuméré à l’intention de ses interlocuteurs les enjeux politiques du moment et à venir d’où la nécessité pour chaque militant du MAK de poursuivre ses efforts militants en vue d’atteindre l’objectif final et qui n’est autre que l’autodétermination du peuple kabyle.

    A signaler que les membres de la section MAK de Hichem sont déjà à pied d’œuvre d’un grand rendez-vous politique. Il s’agit de la programmation d’un meeting prévu à Hichem vendredi prochain à 15 heures. L’un des animateurs de ce face à face avec les citoyens est naturellement Bouaziz Aït-Chebib. Celui-ci a profité aussi de sa mission dans la commune d’At-Khellili pour souligner le positivisme du grand rassemblement préparé par le Conseil Universitaire MAK de Tizi-Ouzou et prévu pour la journée d’après-demain, mercredi, à 11 heures devant le portail de l'université de l'université Mouloud Mammeri (Ihesnawen) pour dénoncer :

    - Les harcèlements et les intimidations à l'encontre des militants du MAK
    - Les arrestations arbitraires des citoyens et commerçants kabyles
    - L'atteinte à la liberté d'expression et de penser
    - L'opération d'arrestation des militants lors du Congrès du MAK le 26 février 2016


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    EXIL (SIWEL) - Ramdane Aissani vient de nous quitter. Militant de l'amazighité et de la cause kabyle, il était un ami personnel qui m'avait reçu chez lui à deux reprises, à Montréal. Avec Said Amalou, il avait en décembre 2002, organisé une collecte pour aider à rembourser mon billet d'avion. Nous nous sommes vus pour la dernière fois lors du pré-congrès du MAK fin novembre 2015. Au nom de l'Anavad et en mon nom personnel, je présente à sa famille nos condoléances les plus attristées M. Ferhat Mehenni

    Décès de Dda Ramdane Aissani : Condoléances de Ferhat Mehenni


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    MONTRÉAL (SIWEL) - C’est demain 16 mars à 12h30 que les funérailles du militant de la cause kabyle et de l’Amazighité Ramdane Aissani auront lieu à Maison Funéraire Rideau Memorial Gardens & Funeral Home. Adresse : 4275 Boulevard des Sources, Dollard des Ormeaux, Québec H9B 2A6. Une veillée de recueillement aura lieu ce mardi 15 mars de 18 à 21h à la même place. Les témoignages continuent à pleuvoir des amis et proches du regretté dont voici quelques uns :

    Les funérailles du militant kabyle/amazigh Ramdane Aissani auront lieu demain
    1. Ferhat Mhenni, President GPK, Paris, :

    Ramdane Aissani: vient de nous quitter. Militant de l'amazighité et de la cause kabyle, il était un ami personnel qui m'avait reçu chez lui à deux reprises, à Montréal. Nous nous sommes vus pour la dernière fois lors du pré-congrès du MAK fin novembre 2015. Au nom de l'Anavad et en mon nom personnel, je présente à sa famille nos condoléances les plus attristées.

    2. Achab Ramdane, éditeur, Paris: :

    Un ami de longue date. Sincères condoléances à la famille et aux amis. Ad fellas yaafu Rebbi.

    3. Krimo Bouaou, ami du regretté, Montréal :

    Triste nouvelle que cette perte de Ramdane. Je ne savais pas qu'il était malade. Quand je l'ai rencontré l'an passé à la conférence donnée par Ramdane Achab sur le 20 avril, il arborait ce sourire qui ne quittait presque jamais sa face. Il était effectivement une force tranquille, un chêne a proximité de qui on aimait se retrouver. Repose en paix Ramdane, Tamazgha a perdu un fils valeureux.


    Les funérailles du militant kabyle/amazigh Ramdane Aissani auront lieu demain
    4. Oussaid Saidoun, président INAS, Montréal :

    Nous venons d’apprendre la triste nouvelle de la disparition tragique de l’un de nos frères Kabyles résidants au Canada, en la personne de M. AISSANI RAMDANE âgé de 64 ans suite à une atteinte fatale de son état de santé.
    DDA RAMDANE, comme il se faisait bien appeler par la majorité, a été un des militants de la première heure pour la cause amazighe, il l’a demeuré jusqu’à son dernier souffle de vie.
    DDA RAMDANE fait partie des anciens adhérents de l’école INAS où il n’est pas passé inaperçu. Il a marqué la mémoire de ceux qui l’ont côtoyé de près ou de loin par son engagement, son sérieux, son assiduité et son dévouement ; il a été à la fois adhérent, parent d’élève, et en même temps étudiant adulte de l’école de tamazight INAS même à sa belle soixantaine d’âge.
    J’ai eu donc la chance sans le savoir, de croiser ce grand monsieur en me trouvant avec lui dans le même groupe d’étudiants adultes du cours d’initiation à la transcription de notre langue TAMAZIGHT.
    La durée de ce cours a été le moment précieux, qui a été finalement très court, que j’ai eu à partager avec lui pour le connaitre et pouvoir avoir l’honneur de parler de ce grand homme aujourd’hui.
    Durant toute la durée de ce cours, il avait marqué son entourage par sa curiosité, son esprit critique constructif et surtout son esprit d’initiative pour avancer et faire évoluer notre chère langue maternelle TAMAZIGHT.
    C’est l’un des meilleurs militants engagés qui s’en va, et que notre cause amazighe vient de perdre.
    J’ai la parfaite conviction, sans connaître ses enfants, qu’il a fait son devoir et son maximum pour leur faire connaître leur identité, langue et culture amazighe en commençant par les prénommer IDIR, OUIZA et MASSIL.
    Au nom de la grande famille INAS, profondément attristée par cette grande perte, je tiens à présenter mes condoléances les plus sincères à sa conjointe et ses enfants, sans oublier toute la grande famille AISSANI où qu’elle se trouve dans le monde en général et en Kabylie en particulier.
    Mes condoléances vont aussi à tous ses amis, ses proches, ses confidents, ses collègues, et tous ceux et celles qui ont eu la chance de le connaitre et le côtoyer durant sa ci-courte et précieuse vie.
    Je prie dieu aujourd’hui, pour qu’il repose en paix et que sa famille et ses proches puissent trouver, en ces moments difficiles, tout le courage, l’énergie et la force nécessaires pour surmonter cette dure épreuve de la vie.
    Le président, Oussaid Saidoun
    Pour le conseil d’administration de l’association culturelle Amazighe INAS
    Montréal le 13/03/2016

    5. Boussad Berrichi, Universitaire, Ottawa :

    Je viens d'apprendre la triste nouvelle du décès de notre ami Ramdane Aissani. Un infatigable militant connu par son humanisme et son ouverture d'esprit.
    Lors de l'un de ses voyages dans la ville de Québec avec son cousin, il m'avait téléphoné pour me rendre visite, chez moi à Québec, un certain 30 juin 2010.
    Quelques mois après, il m'a parlé du mémoire de maîtrise que sa fille Louiza souhaite rédiger à l'Université de Montréal. En 2011, sa fille m'avait envoyé l'introduction et le chapitre 1 pour lui donner mon opinion. J'avais lu les pages de son travail dont j'ai découvert une écriture très fluide et je l'ai encouragé à continuer la rédaction - elle a persévéré et a soutenu son mémoire avec brio.
    Je garde des souvenirs émus de Ramdane depuis notre première rencontre en mai 2009 à l'Université d'Ottawa, venu spécialement de Montréal pour assister à ma conférence.
    Enfin, Ramdane, un homme humble, sincère, tolérant et ouvert, mais militant.
    Qim di talwit à Ramdane,
    Boussad B.

    6. Djamila Adar, Journaliste, Militante Amazighe, Montréal :

    La joie et la tristesse se chevauchent dans ce bas monde. J’avoue que ces derniers mois et notamment ces deux dernières semaines, j’ai été secouée par une peur terrible, voire terrifiante de perdre un ami cher : Kamel Serbouh, président du CAM. Dieu merci, la médecine l’a sauvé à temps. Pendant que nous préparions la conférence de M. Ziani, une autre mauvaise nouvelle nous a dévastés, m’a dévastée. C’est ce dimanche 13 mars que la nouvelle du décès de M. Aissani nous a été transmise par M. Ziani et sa femme. C’était dur à encaisser tout ça!
    M. Aissani, je l’ai rencontré au début des années 2000. J’ai été impressionnée par son calme et subjuguée par son beau sourire et sa force d’écoute et d’observation. Dès qu’il sentait un conflit ou des tiraillements, il essayait de comprendre et éventuellement de rapprocher les gens pour qu’ils se concentrent sur l’essentiel. Je l’ai revu lors des spectacles de Zdek Mouloud et d’Assam Mouloud. J’avais remarqué qu’il avait beaucoup maigri, mais j’étais loin de deviner qu’il était malade. Je lui avais dit ironiquement : ‘’tu fais un régime? Il avait juste souri. Encore ce sourire légendaire qui illuminait toujours son visage et qui se cristallisait instantanément et naturellement dans la mémoire visuelle de toutes les personnes qui l’avaient connu.
    Arrivé au Canada en 1981 après un passage pédagogique et académique aux États-Unis, Ramdane avait fait son bout de chemin en tant que professionnel, mais aussi en tant que membre concerné au plus haut point par les préoccupations et les aspirations de la communauté kabyle.
    Toutes mes condoléances à sa famille, ses amis et sa communauté. Repose en paix M. Aissani et courage aux tiens.

    7. Lhocine Yahia, professeur École Polytechnique de Montréal, :

    «Qu'il repose en paix Notre Ami Ramdane. C'est un terrible choc aussi; impossible de fermer l'oeil hier soir. Je l'avais un peu perdu de vue ces dernières années, mais jamais oublié. Toutes mes condoléances les plus attristées à sa femme et à ses enfants, et surtout beaucoup de courage pour surmonter cette épreuve. Ramdane va demeurer dans nos pensées à jamais, il était un des piliers de notre communauté Kabyle de Canada, un jeune Amaghar Azemni qui avait le sagesse et le don de faire se rencontrer les amis et de les reconcilier. Je me rappelle qu'il avait réussi à maintenir le contact même avec ses amis d'enfance, ceux du collège de Dra El Mizan (où je l'ai connu la première fois) ou du Lycée Technique de Dellys qui étaient rendus aux quatre coins du monde (Taher de Denver, Mzali d'Angleterre, etc...). Il va tous nous manquer affreusement ! Ad yazen Rebbi sver i twacult-is, Nbud-as talwit n levda. ».

    8. Tassadit Ould Hamouda, Activiste culturaliste et présidente Troupe Tafsut, Montreal :

    Mas Aissani était un militant de la 1ère heure, Humble et respectueux. C est une grande perte pour la communauté. Toutes mes condoléances à sa famille. Il avait un franc parler et savait distinguer le vrai de l'ivraie. Ak yerhem rebbi a Mas . ad yazen rebi svar it wacult ik

    9. Sekhi Arab, dramaturge-poète, membre ACAOH, Ottawa :

    Il était de toutes les manifestations culturelles. il avait la force tranquille de ceux qui savent qui ils sont et quel est leur devoir. Il forçait le respect. Ad yeg r'ebbi yeg'g'a-d liser I wat wexxam.

    10. Mohand Abdelli, Ami du regretté, Montréal (Un autre bel hommage que j’ai déjà posté) :

    Adieu mon ami
    C'est avec une très profonde tristesse que j'ai appris ton décès, mon ami Rami (Ramdane Aissani). J'avoue que Morphée m'as bercé une bonne partie de la nuit. Tu as décidé de partir à quelques jours de l'anniversaire de notre arrivée au Québec. Ç’aurait été notre 35ème. Nous étions arrivés et nous nous sommes connus ce 1er jour d'octobre 1975 au centre d'enseignement d'anglais de Wenham et nous devînmes inséparables le temps que dura notre séjour là-bas. Unis dans l’amitié et le militantisme pour notre cause commune, nous avons cheminé ensemble tels 2 frères qui ne partageaient pas la même famille. Nous ne nous voyions plus souvent depuis plusieurs années déjà, nos positions politiques sur certains sujets ayant raison de tout rapprochement physique. N’empêche, lors de chaque manifestation, événement culturel ou professionnel auquel nous participions, nous nous retrouvions avec ce plaisir que partagent deux amis qui ne veulent pas ouvrir le livre des souvenirs qui les divisent. On ne s'est jamais réconcilié sur nos différences mais cela ne nous a jamais empêché de vivre le plein plaisir de brèves retrouvailles. Ton amour pour la musique, la guitare que tu grattais de temps à autre sans trop de conviction dans l'appartement que nous partagions, ta bonne humeur, ton sourire éclatant, ton amitié indéfectible à travers les années, ton sens de la famille manqueront. Tu me manqueras. Te voici en novembre 1975, scrutant NY du haut de l'Empire State Building...et avec moi arborant nos vestes « militaires » achetées au Army Surplus Store l'après midi même. Nous étions fiers de vivre les derniers vestiges du mouvement « hippie »...


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    QUEBEC (SIWEL) — Dans un message de condoléance parvenu à notre rédaction, le MAK-Québec s’incline devant la mémoire de ce grand homme et assurent son épouse et ses enfant de son soutien indéfectible". C'est avec émotion que le MAK-Québec rappelle que Dda Ramdane a toujours répondu favorablement aux sollicitations des kabyles de la diaspora, notamment à Montréal où il avait participé et même intervenu au pré-congrès du MAK-Québec en Novembre 2015.

    Condoléances du MAK-Québec à  la famille de Dda Ramdane Aissani
    Condoléances du MAK Québec à Dda Randane Aissani

    C’est avec beaucoup de tristesse et de regret que nous avons appris le décès de notre ami et militant Mass Ramdane Aissani, fils de Bounouh, en Kabylie.

    Dda Ramdane était un homme de convictions qui ne ménage aucun effort pour prendre des positions claires et soutenir les idéaux pour les quels il s’est sacrifié.

    Dda Ramdane a toujours été proche de la communauté kabyle et a toujours répondu aux appels de la communauté et des associations Kabyle de Montréal.

    Dda Ramadane a fait sa dernière intervention lors du pré congrès du Mouvement pour l’Autodétermination de la Kabylie (MAK) qui s’est déroulé au mois de novembre 2015 à Montréal.

    Les Militantes et les militants du MAK du Québec s’inclinent devant la mémoire de ce grand homme et assurent à son épouse et ses enfants leur soutien indéfectible.

    Repose en paix Dda Randane.
    Nruhhed seg wakkal a n-ughal s akkal

    Les Militantes et les Militants du MAK au Québec

    Mourad Itim
    Coordinateur


    Vidéo de l’intervention de Dda Ramdane , voir à la minutes 5.15

    Portion de la vidéo de l’intervention de Dda Ramdane

    mti,
    SIWEL 161432 MAR 16


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    MAROC (SIWEL) — Dans une lettre adressée au députés Européens, et dont Siwel a été destinataire d'une copie, l'Assemblée mondiale Amazighe invite les pays européens à faire preuve d'une plus grande fermeté à l'égard des Etats qui financent le terrorisme, et plus particulièrement l’Arabie Saoudite et le Qatar en les appelant à "couper toutes relations commerciales et diplomatiques" avec ces Etats et ce précise l'AMA "pour le plus grand bien de l’humanité". L'Assemblée mondiale Amazighe a par ailleurs exprimé ses "vives félicitations" aux eurodéputés suite à l'adoption, le 25 février dernier, de la Résolution par laquelle ces derniers avaient exigé des Etats de l’Union Européenne qu'ils "cessent de vendre des armes à l’Arabie Saoudite". Nous publions ci-après, la lettre de l'AMA aux députés du Parlement Européens.

    L’Assemblée Mondiale Amazighe demande aux européens de rompre les relations diplomatiques avec les pays qui financent le terrorisme, entre autre l’Arabie Saoudite et le Qatar
    ASSEMBLÉE MONDIALE AMAZIGHE


    Honorables Eurodéputés (es) du Parlement Européen

    Objet : ventes d’armes des pays européens à l’Arabie Saoudite, au Qatar et aux autres pays qui soutiennent le terrorisme

    Mesdames et messieurs les eurodéputés(es)

    Permettez-nous de vous exprimer nos vives félicitations pour votre Résolution, du jeudi 25 février dernier, par laquelle où vous avez exigé que les pays de l’Union Européenne cessent de vendre des armes à l’Arabie Saoudite. Cette dernière non seulement utilise ces armes contre les civils au Yémen mais, en plus, finance aussi le terrorisme international (Cf., www.kabyle.com/revue-de-presse/wahhabisme-ideologie-totalitaire-24166, comme vient de le déclarer, récemment, le président américain Barack Obama, pourtant principal allié de ce pays de Golfe.

    Or, comme vous le savez, l’Arabie Saoudite n’est pas le seul Etat dans ce cas. Le Qatar aussi se retrouve dans la même situation (comme je vous l’avez signalé dans mon courrier électronique du 20 avril dernier). C’est pourquoi il serait opportun que le Parlement Européen étende la Résolution précitée à l’ensemble des pays qui font un usage des armes contre les populations civiles et/ou qui financent le terrorisme en violation des principes et règles du droit international humanitaire, notamment le Qatar.

    Les intentions de ce petit pays du Golfe sont claires et son objectif est triple :

    - s’accaparer des ressources pétrolières de la Libye.

    - «wahhabiser» l’Afrique. Le Qatar voudrait appliquer la même politique hégémonique que celle de défunt dictateur libyen Mouammar Khadafi qui souhaitait « arabiser » tout le continent africain. A la place de la politique d’arabisation idéologique, le Qatar, souhaite « wahhabiser » l’Afrique par la violence, en soutenant les mouvements djihadistes, qui font l’allégeance tantôt à Al Qaeda, tantôt à Daech. Comme il l’a déjà fait en finançant, au Nord du Mali, Ansar Eddine d’Iyad Ag Ghalli. (Cf.,www.kabyle.com/articles/guerre-du-qatar-contre-amazighs-24367-09052015).

    - Ruiner les pays ciblés et leurs entreprises pour mieux s’en accaparer et réaliser de substantiels profits. A l’exemple du certains magnats saoudiens, qui achètent des entreprises en faillite, après il les redressent, et ensuite il les vendent à des prix faramineux après leurs cotisation au sein des bourses mondiales, les qatariens appliquent le même principe, non pas seulement sur des entreprises sinon sur des états entiers !

    Malheureusement, c’est ce qui est en train de se passer concrètement avec l’état tunisien, après sa « révolution de jasmin », en étant la cible privilégiée d’attentats répétitives de la part des groupes terroristes, en provoquant la ruine de son économie nationale, basée bien sûr sur le tourisme internationale (voir les documents ci-joins)! Et à propos de cette question, nous avons déjà prévenu le président tunisien Monsieur Béji Caïd Essebsi en juillet dernier après les attaques de Soussa, en le conseillant de couper catégoriquement ses relations diplomatiques avec ce pays de Golfe (Cf., www.kabyle.com/lassemblee-mondiale-amazighe-demande-tunisie-couper-ses-relations-diplomatiques-qatar-24615-06072015).

    Les pays européens devraient être plus fermes et couper toutes relations commerciales et diplomatiques avec l’ensemble des pays qui financent le terrorisme, et plus particulièrement l’Arabie Saoudite et le Qatar, pour le plus grand bien de l’humanité.

    Veuillez agréer, Mesdames et messieurs les eurodéputés(es), l’assurance de notre considération fort distinguée.

    Rachid RAHA,
    Président de l’Assemblée Mondiale Amazighe


    SIWEL 161523 MAR 16



    L’Assemblée Mondiale Amazighe demande aux européens de rompre les relations diplomatiques avec les pays qui financent le terrorisme, entre autre l’Arabie Saoudite et le Qatar


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    (SIWEL) — Dans une Interview accordé au site électronique de l'Organisation de défense des droits des Amazigh Tamazgha, le président du MAK, Bouaziz Ait-Chebib, a répondu de bonne grâce et avec précision aux nombreuses questions, dont certaines étaient pour le moins "surprenantes", souhaitant selon ses propres termes "élucider les ambitions d’un mouvement qui, s’il a le mérite de rompre avec l’"algérianisme" kabyle responsable principal de la déstructuration de la Kabylie, peine à convaincre l’"élite" kabyle et à renouer la Kabylie avec la capacité de mobilisation dont elle a fait preuve maintes fois lors de son histoire contemporaine". Nous reproduisons ci-dessous l'intégralité de l'Interview un peu longue mais dont les réponses constituent une démonstration magistrale que le MAK, à tout points de vue, constitue une force majeure solidement ancré dans la puissance de ses conviction, dans la vérité et la justesse du plus noble des combats: La libération de la Kabylie!

    Interview de Bouaziz Ait-Chebib, Président du MAK, à Tamazgha :
    Tamazgha : Quinze ans après la création du Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie (MAK), quel bilan faites-vous de l’action de votre mouvement ? Et quelles sont les réalisations concrètes ? Qu’a-t-il apporté de concret pour la Kabylie ?

    Bouaziz Aït-Chebib : Le bilan de l’action du MAK est d’une valeur aussi évidente qu’inestimable pour la Kabylie. Notre Mouvement a en effet brisé le plus important des tabous en induisant la prise de conscience massive que les Kabyles constituent un peuple et une nation à part entière. Cela est la plus importante œuvre concrète du MAK. Celle-ci est d’autant plus significative qu’elle concerne dans son écrasante majorité la jeunesse kabyle, c’est-à-dire l’avenir de la Kabylie.

    Ensuite, si, à son grand dam, l’Etat algérien l’a très bien compris, certains Kabyles ne le réalisent peut-être pas encore. Mais en quinze ans justement, ce qui est très peu à l’échelle de l’histoire des décolonisations, le MAK a réussi à dépasser plus de soixante années d’un militantisme exclusivement kabyle qui tentait de réaliser des objectifs utopiques, à savoir la démocratisation de l’Algérie toute entière et la décolonisation totale, et d’un seul coup, de Tamazgha, de l’oasis de Siwa au Lac Tchad, de la Méditerranée à l’océan atlantique, soit un territoire immense et extrêmement diversifié bien que partageant le socle commun de l’Amazighité.

    Or, après que les Kabyles aient lutté seuls des dizaines d’années pour faire partager à tous les Algériens la quête essentielle de la démocratie, de la laïcité, du progrès, dans la pleine acceptation des diversités, il s’est avéré qu’à la première ouverture "démocratique" algérienne, c’est l’Algérie toute entière qui a voté pour une "république islamique" sous la houlette du FIS, pendant qu’à contrario seule la Kabylie se distinguait en votant très massivement contre la république islamique.

    Quant à la lutte des peuples amazighs tous unis, et debout comme un seul homme, pour aller libérer Tamazgha, la lutte des Amazighs Touaregs est consacrée à l’indépendance de l’Azawad, celle des Amazighs Canariens est pour les Iles Canaries, celles des Rifains est pour le Rif, celle des Amazighs de Libye en est encore à vouloir démocratiser la Libye, tout cela nous montre bien que les Kabyles sont les seuls incorrigibles utopistes, puisque tous ont circonscrit leur action de libération à leur propre territoire, les Touaregs n’ont pas entrepris d’aller libérer Tamazgha de l’oasis de Siwa au Lac Tchad, les Libyens non plus, les Canariens non plus et les Rifains non plus… En revanche, si chaque peuple amazigh entreprend de reconquérir son territoire, à ce moment-là nous pourrons bâtir l’Afrique du Nord des peuples libres.

    Enfin, au vu des expériences malheureuses, et pour le moins décevantes, des formations politiques à base kabyle, il n’est pas inutile de préciser que le MAK a réussi un autre exploit : celui de redonner confiance au peuple kabyle. En effet, après mille et une trahisons, le peuple kabyle s’investit de nouveau dans le combat politique pour la Kabylie. Et croyez-moi, vu l’ampleur des dégâts, la tâche n’a pas été une mince affaire. Redonner confiance au peuple kabyle dans la lutte politique pour sa propre émancipation est une action concrète et indispensable que le MAK a réalisée seul, envers et contre tout. Le MAK a posé les jalons de la libération du peuple kabyle. Celle-ci est désormais prise à bras le corps par une large majorité de la jeunesse kabyle. Je vous invite à visionner les vidéos des marches populaires du MAK où des milliers de jeunes assument pleinement et ouvertement leur combat pour la libération de la Kabylie.

    Le MAK a mis la Kabylie sur les rails de sa propre libération, voilà ce que le MAK a apporté de concret pour la Kabylie, et en ce sens le MAK a déjà gagné, il a accompli sa principale et plus importante mission.


    Quelle est la réalité de votre implantation en Kabylie ? Comment fonctionnent vos sections locales ? Combien de militants compte votre mouvement aujourd’hui ?

    La réalité de notre implantation en Kabylie se manifeste à travers les créations incessantes de sections locales sur la quasi-totalité du territoire kabyle. Si vous aviez suivi le rythme des mises en place des sections du MAK à Bgayet, Tubirett, Tizi-Wezzu, Bumerdas, Buṛǧ Buɛṛaṛiǧ, Seṭṭif... [3] vous vous en seriez certainement rendu compte. Par ailleurs, depuis le congrès constitutif de 2007, nous avons fait de l’université le bastion du MAK. Avec la mise en place de nos trois Conseils universitaires à l’Université Mohand Oulhadj de Tubirett, l’Université Mouloud Mammeri de Tizi-Wezzu et à l’Université Abderahmane Mira de Bgayet, la communauté estudiantine kabyle est fortement impliquée dans le MAK, au grand dam de tous ceux qui cherchent à normaliser l’Université kabyle.

    Cette réalité-là n’a d’ailleurs pas échappé à l’Etat algérien. Ce n’est pas pour rien que les forces répressives algériennes ont quadrillé la Kabylie le jour de notre troisième congrès. Et ce n’est pas non plus pour rien que le Préfet de Tizi-Wezzu et les responsables des services de police et de gendarmerie ont subi le courroux du patron du nouveau DRS algérien, Athmane Tartag, qui leur a administré un blâme en leur promettant de sévères sanctions pour avoir échoué dans leur mission. Il me semble que quand une organisation politique est insignifiante, on ne se donne pas tant de peine pour empêcher la tenue de son congrès.

    Quant à la manière dont fonctionnent nos sections locales et le nombre exacte de nos militants, vous pensez bien que l’Etat algérien voudrait justement le savoir, vous comprendrez donc que je ne réponde pas à cette question. Mais visiblement, notre potentiel militant semble être suffisamment conséquent pour inquiéter le régime colonial algérien au point de mettre la Kabylie quasiment sous état de siège rien que pour empêcher notre troisième congrès.

    Contrairement à la désinformation propagée par nos ennemis et détracteurs, et avec tous les moyens dont ils disposent, au vu du marasme économique et sécuritaire, au vu de la grave crise de confiance, au vu de toutes les "catastrophes" qui sévissent en Kabylie, le MAK avance à pas de géant sur le terrain

    Nous défions n’importe quelle organisation politique, qu’elle soit kabyle ou étatique, d’aligner ne serait-ce qu’une centaine de militants, et encore moins de mobiliser en Kabylie comme nous le faisons, à moins de remplir des bus venus d’ailleurs et de mobiliser les militants et les fonctionnaires des "partenaires" de circonstances issus du FLN, du RND, du Hamas etc., comme cela s’est déjà produit.

    Interview de Bouaziz Ait-Chebib, Président du MAK, à Tamazgha :
    Vous avez récemment évolué vers l’autodétermination abandonnant ainsi l’idée de l’autonomie dans le cadre de l’Etat algérien. Pouvez-vous expliciter cette évolution ?

    Cette évolution est à placer dans un cadre stratégique. L’autonomie que nous prônions dans un premier temps a permis la réémergence du nationalisme et du patriotisme kabyles, elle est néanmoins considérée comme une affaire interne aux Etats. Par conséquent, la revendication d’un statut d’autonomie, qui ne relève pas du droit international, maintient la Kabylie dans un huis-clos avec l’Etat algérien. Or, celui-ci étant atteint d’un autisme incurable, la seule manière d’impliquer les instances et la communauté internationales, c’est évidemment de se conformer aux textes des Nations unies, et par la même occasion confronter ces mêmes instances à leurs propres lois. L’autodétermination est la colonne vertébrale des traités, des conventions et des chartes de l’ONU relatifs aux droits des peuples.

    L’autodétermination a un autre avantage par rapport à la situation kabyle, que ce soit au sein du MAK ou dans la mouvance kabyliste de manière plus générale, elle a l’avantage non négligeable de n’exclure ni l’autonomie ni l’indépendance qui restent des options parmi d’autres. Les deux options citées sont majoritaires chez les militants kabyles. Elles se complètent et convergent toutes les deux vers l’avènement d’un Etat kabyle. Alors, au lieu qu’il y ait confrontation entre les deux visions, il était vital de les rassembler autour d’un objectif commun à savoir l’autodétermination de la Kabylie. Et au final le dernier mot revient au peuple kabyle dans sa totalité. C’est lui qui décidera par lui-même, et par voie référendaire, du mode de gouvernance qui lui convient le mieux. Il ne peut y avoir de démarche plus démocratique et plus respectueuse de la volonté du peuple kabyle, avec en prime la garantie du droit international, du moins dans ses principes juridiques.

    Avec cette démarche, nous sommes dans le respect du libre choix, de la démocratie et du droit international. C’est une voie royale et totalement irréprochable... Les partisans de l’indépendance, de l’autonomie ou du statut particulier ne peuvent que se retrouver dans la lutte pour l’autodétermination de la Kabylie défendue par le MAK. Personne ne peut dire que nous imposons quoi que ce soit puisque la décision finale, et souveraine, reviendra au peuple kabyle tout entier. L’heure est au dialogue et à la concertation avec tous les acteurs politiques kabyles qui luttent sincèrement pour la Kabylie et qui assument pleinement et publiquement leur volonté de bâtir une Kabylie libre et unie. L’autodétermination, c’est donner le choix et la parole au peuple kabyle pour exprimer le mode de gouvernance qu’il souhaite. Aucun kabyle sincère ne peut s’y opposer à moins d’avoir peur de sa réponse et de chercher, par conséquent, à le museler.

    Interview de Bouaziz Ait-Chebib, Président du MAK, à Tamazgha :
    Comment expliquez-vous que le MAK n’a pas su mobiliser l’"élite" kabyle ?

    Tout d’abord, le MAK cherche à mobiliser toutes les franges du peuple kabyle et pas seulement l’élite que vous faites d’ailleurs bien de mettre entre guillemets. Par ailleurs, je ne connais aucune organisation de par le monde qui mobilise toute l’élite de sa société. En revanche, contrairement à ce que vous semblez affirmer, le MAK a su mobiliser l’élite qui partage son combat sincère pour la Kabylie, à l’image par exemple de Younes Adli qui s’est engagé à présider le Conseil national kabyle ou encore le sculpteur Olivier Graine qui a façonné la statue de Mouloud Mammeri, le Professeur Salem Chaker qui a déjà salué les avancées du MAK... Par contre, il est évident que le MAK ne peut pas mobiliser ceux qui sont hostiles à l’idée d’un Etat kabyle.

    Aujourd’hui, tout le monde constate que dans la composante humaine du MAK, les universitaires et les étudiants sont fortement présents, cela dénote que votre constat ne concerne pas l’élite kabyle dans sa totalité mais uniquement un certain nombre de personnages connus dans le monde de la presse. Et fort heureusement, l’élite kabyle ne se résume pas aux personnages publics. Du reste les élites "célèbres" ne sont pas connues pour être particulièrement engagées. A titre d’exemple, lors du Printemps amazigh de 1980, l’élite kabyle en faveur de Tamazight était pour le moins discrète, ce qui peut être compréhensible évidemment. Par contre le Printemps amazigh et le MCB (Mouvement culturel berbère) avaient trouvé en Kateb Yacine, un non kabyle, l’un de ses plus courageux défenseurs, comme le MAK et le GPK trouvent aujourd’hui en Boualem Sensal, encore un non kabyle, l’un de ses plus courageux défenseurs et il l’a encore publiquement réaffirmé tout récemment.

    Enfin, la Kabylie est riche de sa jeunesse instruite et tout le monde s’accorde à affirmer que le MAK est justement formé de cette frange de la société et c’est justement elle qui constitue le vrai moteur de changement dans toutes les sociétés du monde.

    Pourriez-vous éclairer nos lecteurs sur la stratégie du MAK qui met en exergue le symbolique et si peu le fond ? (Drapeau Kabyle, carte d’identité,…). N’est-ce pas là factice sachant que le pouvoir engage sur le territoire Kabyle sa pénétration islamiste ?

    Il me semble que sur le fond je vous ai déjà répondu dès la première question. Maintenant si vous considérez que le drapeau, la carte d’identité ne relèvent que de la symbolique "factice", je vous invite à évaluer les effets du drapeau amazigh, créé par Mohand Arav Bessaoud, sur la quasi-totalité des peuples amazighs. Le drapeau kabyle, la carte d’identité, l’Anavad ce sont là les jalons du futur Etat kabyle qui se met en place. Si cette symbolique était factice comme vous l’affirmez, le MAK ne serait pas la seule organisation politique en Kabylie à être systématiquement réprimée, la Kabylie ne serait pas mise sous Etat de siège pour empêcher le congrès du MAK, les militants et les citoyens kabyles ne seraient pas arrêtés pour la seule raison de détenir l’emblème kabyle. C’est à cause de la carte d’identité kabyle que mon domicile a été perquisitionné par les services coloniaux algériens. Mais vous n’êtes probablement pas au courant de tout cela.

    Quant à la lutte contre l’islamisme, il y a lieu de préciser que l’islamisme est sciemment installé et protégé par l’Etat algérien. Les symboles factices comme vous dites visent aussi à préserver l’identité spécifique de la Kabylie en l’éloignant au maximum des attributs islamistes grassement sponsorisés par l’Etat algérien. Les armoiries que nous avons mis en place constituent à la fois des repères et des remparts contre le déracinement, la manipulation et la substitution identitaire.

    Ensuite face aux tentatives de salafisation de la Kabylie, le MAK n’est pas resté bras croisés. A ma connaissance, il n’y a que le MAK qui sillonne la Kabylie, dans les villages et dans les villes, au plus près du peuple kabyle, pour apporter la contradiction à la normalisation et à la salafisation de la société kabyle. Ce sont les militants du MAK qui ont organisé le déjeuner public du 3 août 2013, en plein ramadan, pour défendre la liberté de culte et de conscience, ce sont les militants du MAK qui soutiennent activement les victimes de l’inquisition. Et ce sont encore les militants du MAK qui ont humilié le premier ministre algérien, le KDS [4] Sellal, à l’enterrement d’Aït Ahmed ou encore le bachagha [5] Ould Ali Lhadi [6] à Tawrit Musa [7]. Ce sont les militants du MAK qui ont hissé des dizaines et des dizaines de fois le drapeau kabyle dans les villages, les écoles primaires, à l’université etc.

    Et c’est encore le MAK qui a animé des dizaines de meetings pour sensibiliser contre la dépersonnalisation de la Kabylie et défendre sa laïcité ancestrale. Donc, le MAK ne se contente pas de la symbolique "factice", le MAK est omniprésent sur des questions de fond et c’est sur le terrain que cela se passe, au mépris de tous les dangers que cela implique. Maintenant s’il y a des gens qui attendent du MAK qu’il passe à la confrontation physique avec les islamistes, je les invite à montrer l’exemple. Pour notre part, nous ne sommes pas prêts à risquer inutilement la vie de nos militants, ils sont déjà suffisamment exposés. Que ceux qui prétendent nous faire la leçon sur ce que nous devons faire ou ne pas faire, mettent en application la stratégie qu’ils exigent du MAK.

    Interview de Bouaziz Ait-Chebib, Président du MAK, à Tamazgha :
    L’objectif du MAK est que la Kabylie retrouve sa souveraineté. Pourquoi alors ne pas favoriser des actions de défiance et de désobéissance civile ?

    Tout d’abord, le MAK en tant que structure est en désobéissance civile permanente. Le MAK a organisé des votes pour l’élection du drapeau kabyle dans les villages de Kabylie, des meetings et des rassemblements suivis de lever de l’emblème kabyle au nez et à la barbe des services répressifs algériens, des actions de rue sans demander aucune autorisation, un déjeuner public en plein ramadan, un congrès sous état de siège, alors si tout cela ce n’est pas de la défiance, je me demande bien comment on pourrait définir ces actions.

    Nous avons même obligé des ministres algériens à rebrousser chemin et quand ils sont venus soi-disant se recueillir sur la mémoire du grand chanteur Taleb Rabah, ils ont été obligés de passer sous les drapeaux kabyles et amazighs que le MAK a fait flotter au-dessus de leur tête. Ils n’ont pas bronché ni osé les retirer. C’est la pire des gifles que puisse recevoir un Etat colonial, et cela c’est le MAK qui l’a fait et personne d’autre. Alors en termes de défiance, je crois que personne ne peut être à la hauteur du MAK en Kabylie.

    Maintenant si votre propos est d’engager la totalité du peuple kabyle dans des actes de défiance et de désobéissance civile, je vous répondrais juste que le MAK est un Mouvement responsable qui n’entend pas mettre inutilement en difficulté la société kabyle qui croule déjà sous toutes sortes de difficultés.


    Quels sont les liens entre le MAK qui mène la lutte sur le terrain en Kabylie et ses structures qui le représentent à l’extérieur ?

    Ce sont des liens de complémentarité. Nos structures à l’étranger prolongent l’action du MAK en dehors de la Kabylie. Le rôle du MAK est le terrain, le rôle du Gouvernement provisoire en exil est une action diplomatique qui vise à plaider la cause légitime du peuple kabyle à sa propre existence, comme cela a déjà été fait au Parlement européen, à l’ONU, en Amérique, au Canada, en France, en Allemagne etc., celui de nos Réseaux militants est de porter la voix de la Kabylie souveraine à l’extérieur et d’organiser la diaspora. Les liens entre l’intérieur et l’extérieur sont soudés autour de la même cause, celle de la souveraineté du peuple kabyle, ayant chacun des rôles et des prérogatives parfaitement définies.

    Le 26 février 2016, vous avez organisé le troisième congrès du MAK. Pouvez-vous nous résumer les principales décisions, conclusions et recommandations du congrès ?

    Les congressistes, après réflexion et débats sur les besoins et l’orientation politique du Mouvement, ont arrêté un certain nombre de résolutions applicables et exécutoires jusqu’au prochain congrès. Je peux par exemple vous dire que le troisième congrès du MAK a inscrit l’exigence historique et naturelle de l’instauration d’un État kabyle démocratique, laïc et social dans le cadre du droit des peuples à l’autodétermination, un droit par lequel chaque peuple est en droit de choisir librement le statut politique qui lui sied.

    Je peux aussi vous citer le rejet des échéances électorales algériennes jusqu’au référendum d’autodétermination, ou encore le renforcement des liens avec l’ensemble des peuples amazighs d’Afrique du nord pour créer une synergie à l’effet d’encourager la fondation de gouvernements provisoires respectifs et travailler en collaboration avec la Kabylie pour accéder au droit à l’autodétermination et reconfigurer ainsi l’espace nord-africain foncièrement amazigh ; la création d’une Ligue kabyle des droits de l’Homme, toutes les autres étant totalement défaillantes en ce qui concerne la défense des droits du peuple kabyle et des autres peuples amazighs, tels que les Mozabites par exemple qui vivent une situation dramatiquement désastreuse ; la réhabilitation et la modernisation des structures démocratiques ancestrales de la Kabylie en redonnant par exemple toute sa place à la femme kabyle, qui doit être égale en droits et en devoirs, au même titre que l’homme kabyle, vis-à-vis du peuple et de la nation kabyles, la mise en place d’un parlement kabyle sur le terrain afin de renforcer l’action du Gouvernement provisoire kabyle (GPK) en exil dans le but de réunir les conditions nécessaires à la proclamation de l’Etat kabyle...

    Voilà un petit aperçu des résolutions et recommandations du troisième congrès, mais il y en a plusieurs autres. Le procès-verbal ayant sanctionné les travaux du troisième congrès a été rendu public.

    Cependant, il y a lieu de signaler que la réflexion et le débat au niveau du MAK ne se limitent pas aux congrès. Ils sont ancrés dans ses mœurs politiques et c’est ce qui lui permet d’avancer malgré tout ce qu’il subit comme obstacle et répression.

    Pour un troisième congrès seulement en quinze ans, ne pensez-vous pas qu’une petite journée semble trop courte pour un mouvement aussi ambitieux que le vôtre ? Pensez-vous qu’il est possible de travailler correctement et sortir avec des résolutions et recommandations à la hauteur des aspirations du peuple kabyle en un temps aussi court ? Car en général les organisations qui font leurs congrès tous les ans, elles s’offrent trois ou quatre jours de travaux…

    Pour paraphraser l’illustre Amusnaw kabyle Dda Lmululd : "Win ittruzun asalu iteddu akken yufa mačči akken yebɣa".
    Le MAK est un mouvement démocratique qui s’est doté d’instances permanentes dans lesquelles la concertation et le débat sont les maîtres-mots.
    Il a tenu son congrès constitutif en 2007 et depuis, il s’organise en congrès tous les 4 ans conformément à ses statuts et aux règles qui régissent une grande majorité d’organisations politiques dans le monde.

    Entre deux congrès, des conventions, des conférences de cadres, des rencontres internes, des universités d’été, des réunions d’instances se déroulent de façon régulière afin de débattre de l’évolution du combat du peuple kabyle.

    Pour revenir au troisième congrès, le MAK n’a pas les moyens des partis politiques qui peuvent se permettre un congrès de trois jours dans de grands hôtels avec des subsides prélevés du trésor public de l’Etat algérien que nous ne reconnaissons pas. Si comme le chuchotent certains, nous sommes financés par le Maroc et Israël, nous aurions pu organiser cet événement historique dans un hôtel de luxe effectivement. Mais comme ce n’est pas le cas, nous avons organisé notre congrès dans un garage en béton généreusement octroyé par un humble citoyen kabyle dévoué à sa patrie et pour nous c’est mieux que le Hilton, c’est le plus beau et le plus significatif des lieux. A ce propos, je ne remercierais jamais assez le village d’At Zellal qui a accueilli notre congrès malgré les pressions et les intimidations dont il a été l’objet.

    Ensuite, il n’y a pas que l’aspect financier qui nous empêche de tenir un congrès de trois jours, il y a aussi l’aspect sécuritaire. L’Etat algérien a tout fait pour découvrir le lieu de notre congrès et malheureusement pour lui, il n’a pu le savoir que le jour-même. Ses policiers et ses gendarmes ont dressé mille et un barrages pour intercepter nos congressistes. Ils ont empêché plus de 200 mais 843 sont tout de même arrivés à bon port au grand dam des services répressifs algériens en Kabylie, et ils ont été sanctionnés pour ça.

    Le MAK est un mouvement pacifique certes, mais il est révolutionnaire et travaille à libérer la Kabylie du colonialisme de l’Algérie arabo-islamique, par conséquent toutes actions d’envergure doivent être mûrement réfléchies. Un congrès de trois jours ne peut pas se tenir au grand jour à moins d’être dans le giron de l’Etat algérien.

    Nous sommes dans l’obligation de veiller à la sécurité de nos militants mais aussi de tenir compte de nos vaillants citoyens et nos villages qui nous offrent leur hospitalité leur leεnaya.

    Nous sommes fiers d’avoir tenu notre congrès dans les conditions dans lesquelles nous l’avons tenu car nous ne sommes tributaires que de la générosité et de la protection du peuple kabyle.

    Quoi qu’il en soit, tenir son congrès sous un état de siège est une entreprise qu’aucune autre organisation ne peut réussir. Si on excepte naturellement le congrès de la Soumam réussi par nos aînés.

    Les difficultés que nous devions surmonter pour l’organisation du congrès étaient prévisibles. Alors pour parer à ce manque de temps, nous avons organisé cinq prés-congrès pour élaborer des projets, des résolutions et des recommandations à la hauteur des aspirations du peuple kabyle. Le gros du travail avait donc été accompli lors de ces pré-sessions ; le congrès en lui-même n’a servi en définitive qu’à entériner en plénière et solennellement des dispositions déjà approuvées.

    Une commission permanente de réflexion est mise en place et plusieurs autres structures seront installées justement pour adapter le mouvement aux changements afin de relever les défis qu’imposent le combat national kabyle et surtout préparer la Kabylie de demain. Parmi ces structures, on peut citer à titre d’exemple : un Centre social et économique, un Centre kabyle de l’environnement, un Centre kabyle d’alerte et de prévention (CKAP), un Centre de recherches scientifiques kabyles (CRSK) et un Conseil consultatif kabyle.

    Interview de Bouaziz Ait-Chebib, Président du MAK, à Tamazgha :
    Vous avez beaucoup communiqué sur les brèves "arrestations" dont avaient fait l’objet des militants du MAK le jour du congrès, mais le public est resté sur sa faim quant aux conclusions, décisions et recommandations du congrès…

    Oui bien sûr que nous avons communiqué sur les arrestations des militants du MAK et c’est tout à fait normal de le faire, c’est l’inverse qui ne serait pas normal. Par ailleurs, communiquer sur la répression qui cible particulièrement notre mouvement est notre seul moyen de défense. La dénonciation publique et la mobilisation de l’opinion kabyle et internationale constitue notre seule garantie de ne pas être victimes d’une répression sauvage et silencieuse.

    Si l’incarcération de Kameleddine Fekhar et de ses compagnons n’était pas médiatisée, cela ferait longtemps qu’ils seraient déjà morts et enterrés dans le silence total.

    Enfin, je vous signale tout de même qu’il ne s’agissait pas de "brèves arrestations" mais bien d’une répression généralisée qui a mis la Kabylie sous un état de siège, empêchant des centaines de nos militants de rejoindre le congrès. De plus, ces "brèves arrestations" ont tout de même duré la journée entière sans oublier que certains ont été passés à tabac par les policiers algériens et même menacés de représailles.

    La répression qu’a subie le MAK n’augure rien de bon pour l’avenir. Il faut la prendre très au sérieux au lieu de la réduire à de brèves "arrestations". Même après le congrès, des militants de notre mouvement continuent d’être harcelés, soit par des arrestations arbitraires et des interrogatoires interminables, soit par des mesures administratives visant à les dépouiller de leurs moyens de subsistance. La logique militante et engagée impose que l’on soit solidaire des militants kabyles, quels qu’ils soient, afin de contribuer à leur protection et non pas à amoindrir leur répression.

    Depuis 1962, la Kabylie n’a pas connu un tel état de siège. Donc, il y a lieu de réfléchir sur le comment se préparer au pire. Je saisis cette occasion pour rendre un vibrant hommage au village d’At Zellal et à tous nos militants qui ont donné une leçon magistrale de courage, de détermination et de maturité politique au régime colonial algérien.

    Concernant les conclusions, décisions et recommandations du congrès, sur lesquelles le public serait resté sur sa faim, un procès-verbal détaillé des travaux du congrès a été rendu public, du moins concernant les points qui peuvent êtres publiquement divulgués. Pour le reste, concernant certains aspects de la stratégie du Mouvement, et vous en conviendrez aisément, nous n’allons certainement pas les offrir sur un plateau d’argent à l’Etat algérien et lui permettre ainsi de nous contrecarrer. A titre d’exemple, malgré toutes les performances des services secrets algériens, le gouvernement colonial d’Alger n’a pas réussi à identifier le lieu de notre congrès. Nous sommes plus informés sur leurs intentions qu’ils ne le sont sur les nôtres. De plus, quand on fait face, sur le terrain, à un Etat criminel, sans foi ni loi, sans aucune morale et sans aucun scrupule, on se garde bien de lui communiquer publiquement ses intentions et encore moins les points essentiels de sa stratégie.

    Interview de Bouaziz Ait-Chebib, Président du MAK, à Tamazgha :
    Comment expliquez-vous l’absence de structuration du MAK en France par exemple où la communauté kabyle avoisine le million ?

    Le MAK n’est pas absent en France. Il y est présent à travers le Gouvernement provisoire kabyle et le Réseau Anavad qui sont en train d’accomplir un travail de qualité, comme on a pu le constater lors de la formidable mobilisation du 18 avril 2015 à Paris marquée par l’inauguration officielle du lever du premier drapeau kabyle de l’histoire devant des milliers de kabyles de la diaspora.

    Je ne connais aucune autre organisation kabyle voire nord-africaine qui mobilise autant que le MAK en France, ou encore en Amérique du Nord. Cela étant dit, il y a lieu de rappeler que "certains" milieux associatifs, grassement subventionnés, excellent dans le folklore et travaillent activement à casser la mobilisation militante au profit de galas de chant, de danse, d’expositions de bijoux et d’habits traditionnels ou encore de couscous "oriental"...

    Par ailleurs, concernant le Réseau militant souverainiste, sa structuration sera modifiée et renforcée prochainement afin de mieux répondre aux exigences du combat sur le terrain.


    A l’issue de votre dernier congrès, vous avez affirmé que la décision la plus importante est la mise en place du Parlement kabyle en vue de la proclamation de l’Etat kabyle dans un délai de quatre ans… Que peut apporter concrètement cette idée de parlement kabyle, notamment à la société kabyle ?

    Comme tout le monde sait, un parlement est un organe collégial à plusieurs rôles : un rôle de conseiller pour le pouvoir exécutif ; un rôle de législateur ; un rôle de représentant de la nation à l’étranger.
    Le parlement représente les citoyens et par extension l’Etat lui-même.

    Cette idée de parlement kabyle vise à restituer l’autogestion ancestrale de la Kabylie de manière à établir, à terme et de fait, un Etat proprement kabyle. Pour ce faire, la société kabyle doit évidemment être impliquée. Il s’avère justement qu’aujourd’hui, comme depuis toujours, y compris depuis la pseudo indépendance algérienne, c’est la société kabyle, notamment à travers ses comités de villages, qui prend en charge les besoins de la société à travers la réparation des routes, des fontaines, la prise en charge des malades par la mise en place d’une solidarité active. Pendant que les officiels et les apparatchiks algériens se font soigner dans les hôpitaux français, la société kabyle s’organise pour prendre en charge les malades ne pouvant être soignés en Kabylie. De même que la protection de l’environnement kabyle est prise en charge par la société kabyle qui s’organise de plus en plus. Il s’agit de structurer efficacement cette autogestion kabyle pour lui permettre une meilleure efficacité et établir une corrélation étroite et concertée entre toutes les confédérations de Kabylie.

    Par ailleurs, l’idée de Parlement kabyle constitue une nouvelle étape dans l’instauration du futur Etat kabyle. Il incarnera entre autre le socle de toutes les énergies saines de Kabylie qui auront aussi à préparer les textes fondateurs de notre Etat. Ça sera un cadre légiférant qui dotera la Kabylie de lois kabyles à la place des lois coloniales algériennes. En sus de sa mission de législation et de réflexion, il va permettre aux Kabyles de sortir avec des solutions concrètes aux problèmes de la vie quotidienne comme cela vient d’être brièvement décrit. De plus, ce parlement vise à consacrer l’unité kabyle en vue de mobiliser l’ensemble du peuple kabyle pour faire face à l’arabisation, à la salafisation, à l’insécurité, à la misère socio-économique…


    Est-ce que le MAK compte initier des actions d’éclat contre l’école, les tribunaux qui se comportent comme de véritables institutions coloniales ?

    Pour le MAK, il ne s’agit pas seulement de mener des actions d’éclat comme nous avons pu le faire par exemple avec le déjeuner public du 3 août contre l’inquisition. Les actions d’éclat sont certes nécessaires, mais il s’agit aussi de mener des actions de fond en mettant en place, à la base de la société kabyle, des institutions spécifiquement kabyles en lieu et place des institutions coloniales algériennes. Par exemple, il est urgent de réhabiliter la médiation et les lois ancestrales kabyles qui réglementaient la société kabyle. A ce propos, nous appelons d’ores et déjà les Kabyles à boycotter les tribunaux algériens comme l’ont fait nos ainés avec les tribunaux français.

    Par ailleurs, malgré la difficulté du terrain avec la surveillance et le harcèlement permanent de ses militants, le MAK travaille déjà dans le sens de la réhabilitation et de la modernisation de nos fameuses républiques villageoises qui avaient forcé l’admiration de Karl Marx. L’objectif est de favoriser le recouvrement de la souveraineté kabyle par la base.

    Pour les écoles, des cadres du MAK ont déjà initié des projets intéressants en créant par exemple "Axxam n Tmusni" dans deux villages. Ils ont servi d’expériences pilote qu’il faudra généraliser à l’échelle de toute la Kabylie pour préparer l’avènement de l’école kabyle. Il est également envisagé de mettre en place un accompagnement scolaire pour désamorcer l’endoctrinement islamiste véhiculé par l’école algérienne. La diaspora kabyle, et notamment le tissu associatif, seront appelés à soutenir de manière plus conséquente ces initiatives. Des contacts sont déjà initiés dans ce sens.

    Votre mouvement a eu à prendre des positions ambiguës concernant la monarchie marocaine, un autre colonialisme en territoire amazigh. Certaines positions de membres du MAK favorables à la monarchie alaouite ont choqué des Amazighs de Tamazgha occidentale qui se battent contre cette monarchie et qui se considèrent naturellement solidaires de la Kabylie. Comment expliquez-vous ces positions pro-marocaines provenant du MAK ?

    Ah non, je suis désolé mais les positions du MAK ne souffrent d’aucune ambigüité vis-à-vis de la monarchie marocaine. Si votre propos vise la déclaration du président de l’Anavad à propos de la proposition de l’autonomie des régions faite par le roi du Maroc et que Ferhat Mehenni avait effectivement saluée, il y a lieu de rappeler que cette déclaration avait été faite en 2010, c’est à dire au moment où notre Mouvement était encore dans une revendication d’autonomie. De plus en dehors du Rif, il me semble qu’aucune région amazighe ne revendique, à ce jour, un statut d’autonomie. Par conséquent, il me semble que dans cette déclaration faite, je le rappelle en 2010, Ferhat Mehenni était allé bien au-delà des aspirations des Amazighs du Maroc qui revendiquent, encore maintenant, la reconnaissance pleine et entière, et par le royaume du Maroc, de leurs spécificités culturelles et linguistiques.

    Ensuite, je vous défie de me citer une seule organisation politique, associative ou de défense des droits des peuples amazighs, qui ait ouvertement soutenu le Mouvement indépendantiste rifain.

    En dehors du militant indépendantiste Chaoui, Yella Houha, et de l’Organisation internationale des peuples et nations non représentés (UNPO), le MAK était la seule et unique organisation politique de la large sphère amazighe à avoir répondu présent au congrès constitutif du Mouvement indépendantiste rifain... Je ne suis pas sûr que le Royaume du Maroc considère cela comme un acte de "complaisance" à son égard.

    Par ailleurs, notre agence d’information Siwel s’est régulièrement faite le porte-voix des indépendantistes rifains avant qu’ils ne disposent de leur propre canal d’information. C’est encore nous qui avons relayé les mises à nu de certains agents notoires du Makhzen à la tête de partis politiques soi-disant amazighs, à l’image du fameux PAM et de Ilyes El Omari, et c’est encore nous qui avons défendu l’indépendantiste rifain Said Chaou, victime d’une véritable cabale aux Pays-Bas.

    Interview de Bouaziz Ait-Chebib, Président du MAK, à Tamazgha :
    Je ne crois pas que tout ceci plaide en faveur du Makhzen et je ne crois pas non plus que cela soit considéré par le royaume du Maroc comme des actes de complaisance à son égard.

    Je vais vous dire encore mieux que cela, il y a parmi ceux-là même qui nous accusent aujourd’hui de complaisance vis à vis du Makhzen, des militants amazighs qui nous ont interpellé pour nous reprocher de soutenir les indépendantistes rifains parce que, tenez-vous bien, les rifains sont des "salafistes", comme s’ils ne se trouvaient pas de salafistes parmi tous les peuples de la terre, que ce soit parmi les peuples amazighs ou tous les autres peuples, dont des peuples européens, comme les Français par exemple. Le salafisme est un fléau mondial qui n’épargne aucun peuple au monde. Il est injuste, et pour le moins suspect, de vouloir condamner le peuple rifain sous prétexte qu’il compte en son sein des salafistes.

    Enfin, si votre propos fait référence à l’évocation par le Maroc du droit du peuple kabyle à son autodétermination et à la reconnaissance que notre Gouvernement provisoire lui a exprimé. Cela relève évidemment de l’action diplomatique de l’Anavad qui est parfaitement dans son rôle.

    Si certains s’imaginent que le MAK et l’Anavad sont naïfs ou stupides, ils se trompent lourdement. Le Maroc s’est exprimé en faveur du droit du peuple kabyle à son autodétermination, et ce dans le cadre de ses intérêts bien entendu qu’il faut évidemment rattacher à la question de la République arabe sahraouie soutenue par l’Algérie. Le MAK et l’Anavad ont réagi dans le sens de leurs intérêts, également bien entendu, et qui visent à introduire la question de l’autodétermination de la Kabylie à l’ONU, et c’est cela qui nous intéresse. Il se trouve que c’est le Maroc qui l’a fait.

    Ne pas comprendre cela et ruer dans les brancards sans même chercher à comprendre relève à mon sens de l’immaturité politique sans compter que ces braves chevaliers ne se rendent même pas compte qu’ils propagent, sans doute à leur insu, la propagande de l’Etat algérien qui désigne toujours la main étrangère venant de son voisin et frère ennemi le Maroc.

    Pour ce qui nous concerne, nous ne sommes plus dans le culturalisme et la reconnaissance des langues et cultures d’origine. Cela ne nous intéresse plus depuis longtemps. Ce que nous voulons, c’est poser la problématique de l’existence de la Kabylie en tant que peuple et nation au vu et au su du monde entier, et donc poser publiquement la question du droit à l’existence du peuple kabyle dans une session de l’ONU était une aubaine que seuls des novices politiques auraient boudé.

    Pour être tout à fait honnête, au vu de ce que je viens de vous énumérer, cela me fait franchement sourire d’entendre dire que le MAK a des positions pro marocaines.

    A-t-on jamais entendu dire qu’Antonio Cubillo, réfugié politique en Algérie durant le règne de Boumediene, était complaisant vis-à-vis de l’Algérie parce qu’il avait lutté à partir d’Alger pour l’indépendance des Îles Canaries et ce, au moment même où, à cette époque, détenir un simple alphabet en Tifinagh valait au moindre kabyle les affres de la torture dans les geôles de Boumediene ?

    A-t-on jamais entendu dire que Abdelkrim Khatabbi, pourtant fondateur de la République du Rif, était "vendu" à l’arabo-islamisme lorsqu’il était parti au Caire présider le Comité pour la libération du Maghreb "arabe" et où ses partenaires n’étaient autres que Azem Pacha et Chakib Arselane, maîtres à penser de l’arabo-islamisme algérien ?

    Soyons sérieux et sortons un peu de l’angélisme et de l’infantilisme politique. Abdelkrim tout comme Cubillo, en patriotes rifain et canarien, ont réfléchi et agi dans l’intérêt de leurs nations respectives, en fonction des conjonctures historiques qui se sont présentées à eux.

    Enfin, l’une des résolutions de notre troisième congrès atteste de l’exacte contraire de ce que vous avancez dans la mesure où nous travaillons à renforcer davantage les relations avec l’ensemble des peuples amazighs d’Afrique du nord, et donc des Amazighs du Maroc, et ce, afin d’encourager la fondation de gouvernements provisoires respectifs et de travailler en collaboration avec la Kabylie pour accéder à leurs droits à l’autodétermination. Je ne suis pas sûr que la monarchie alaouite, comme vous dites, qualifierait cette résolution comme un acte de complaisance.

    Maintenant, si certains considèrent que travailler à favoriser la mise en place de gouvernements provisoires chez les peuples amazighs relève de la complaisance, c’est que vraiment ils n’ont aucune idée de ce qu’est la lutte politique, ni encore moins de ce que signifie l’autodétermination des peuples.

    Par ailleurs, j’ai moi-même déclaré, et à maintes reprises, que le MAK ne reconnaît aucun Etat en Afrique du nord, nous réfutons même la notion de Maghreb que d’aucuns, parmi ceux qui nous chargent de ces accusations totalement infondées, utilisent allègrement alors que cette dénomination, pour le moins tendancieuse, ne vise qu’à définir le monde amazigh comme étant la partie ouest du monde arabe.

    D’autre part, je défie quiconque de me citer une déclaration du MAK s’exprimant en faveur du Makhzen. Nous avons toujours considéré que tous les Etats nord africains incarnent l’impérialisme arabe dans Tamazgha et nous l’avons publiquement déclaré.
    De même que nous luttons pour l’émancipation du peuple kabyle, nous avons soutenu et nous continuons à soutenir tous les peuples amazighs qui veulent aller dans le sens de leur libération, tout comme nous les avons toujours appelé à renoncer au confinement des revendications culturelles et linguistiques.

    Cela étant dit, les peuples amazighs sont évidemment libres de revendiquer le statut qui leur semble être bon pour eux, ce n’est pas à nous de leur dicter leur conduite et notre devoir est de les soutenir dans leurs choix respectifs même si nous les incitons vivement à s’orienter vers le principe de l’autodétermination des peuples.

    Le MAK a fortement soutenu le MNLA pour l’indépendance de l’Azawad, avant qu’il n’abandonne à son triste sort le vaillant peuple touareg avec l’accord calamiteux d’Alger. Le MAK est la seule formation politique amazighe à soutenir le Mouvement pour l’autonomie du Mzab et le Mouvement pour l’indépendance du Rif. A ce jour, nous n’avons encore jamais entendu d’organisation politique amazighe du Maroc soutenir les indépendantistes rifains.

    Que répondez-vous à ceux qui disent que le MAK est financé par le Maroc et Israël ?

    Je serais bien tenté de répondre à l’absurde par l’absurde. Mais je vous répondrais en un seul mot : faux. D’autre part, si nous avions été financés par le Maroc et par Israël, croyez-moi l’état de nos finances ne seraient pas aussi difficile. Le MAK n’a jamais eu de soutien financier ou logistique et personne n’ignore en Kabylie les conditions lamentables dans lesquelles nous menons notre combat : un combat pacifique et civilisé face à un régime qui incarne, sous toutes ses formes, la barbarie des régimes totalitaires arabes.

    D’autre part, il est bien connu que les régimes totalitaires accusent systématiquement les oppositions démocratiques d’intelligence avec l’étranger, à plus forte raison quand celles-ci revendiquent un droit légitime comme celui de l’autodétermination. La Kabylie, bastion de toutes les causes justes en Afrique du nord, n’a pas échappé à cette règle infâme.

    N’ayant aucun argument en mesure de faire face à la justesse et la noblesse de notre combat, le pourvoir colonial algérien et ses appendices accusent le MAK d’être téléguidé et financé par les forces étrangères, considérées comme hostiles à l’Algérie. L’Etat algérien, maître dans l’art de la perversion, utilise l’argument d’un financement par le Maroc, Israël, la France, les USA...

    En ce qui concerne Israël et le Maroc, les raisons en sont évidentes : ils exploitent les sentiments irrationnels de haine pour ces deux pays qu’ils ont réussi à inculquer aux Algériens. Les opposants kabyles, ont de tout temps été accusés de faire le jeu du Maroc, rival de l’Algérie, et d’être les agents du sionisme. Or, on connait les passions ravageuses de la rue arabe dès lors qu’il s’agit d’Israël.
    Fort heureusement, cette propagande ne peut pas prendre en Kabylie mais elle a bien pris ailleurs. Peu importe, on connait la chanson en Kabylie et c’est l’essentiel.

    Le MAK ne compte que sur le sens de l’engagement et la solidarité kabyle. Le peu de moyens dont il dispose provient des dons de citoyens kabyles soucieux de l’avenir et du devenir de leur patrie. Nous ne les remercierons jamais assez et je profite de cette interview pour remercier encore une fois tous les Kabyles qui nous aident à mener notre peuple vers sa libération et son émancipation.

    Interview de Bouaziz Ait-Chebib, Président du MAK, à Tamazgha :
    Plusieurs des personnes qui ont quitté le MAK reprochent à la direction le manque de fonctionnement démocratique. Qu’avez-vous à dire à ce sujet ?

    Avant de répondre à votre question, je dois vous faire remarquer que le nombre de militants et d’adhérents au MAK augmente de façon spectaculaire. A mon avis, ce n’est pas parce que le MAK fonctionne de manière anti-démocratique mais plutôt l’inverse. Il est vrai cependant que quelques anciens militants ont quitté notre Mouvement mais c’était pour des divergences fondamentalement politiques et non pas pour des raisons de fonctionnement.

    Je respecte leurs positions même si elles ne cadrent pas avec l’évolution de notre mouvement, portée par une écrasante majorité. Cela étant dit, depuis mon élection en 2011, nos rapports ont toujours été conviviaux et je les ai même invités à la conférence nationale kabyle que nous avons organisée à At Ouabane en 2014.

    Le fonctionnement du MAK est fondamentalement démocratique et c’est justement ce qui fait son succès auprès de la jeunesse kabyle qui ne plaisante pas avec ses idéaux démocratiques. Personne ne peut contester cette vérité sauf à être de mauvaise foi. Toutes nos structures sont dotées d’une totale autonomie d’action et de décision ; c’est ce qui a permis la multiplication de nos actions et de nos activités sur le terrain. La force du MAK est justement d’avoir libéré les énergies. Le potentiel militant est libre d’agir dans le cadre du Mouvement pour peu que ces actions et son discours cadre avec la ligne politique du Mouvement. Il n’y a pas plus démocratique que cela. D’autre part, aucune décision politique n’est prise en dehors d’un large débat au sein de toutes nos sections locales. Le Projet pour un Etat kabyle (PEK), par exemple, a été débattu et amendé point par point. Cela nous a pris un temps fou mais aucun militant ne peut dire que son opinion sur la question n’a pas été entendue et discutée.

    Certaines personnes pensent que quand la majorité des militants n’adhère pas à leurs idées, c’est anti-démocratique. Or la démocratie c’est justement le contraire. Quand une question est débattue et adoptée par la majorité des militants, si elle ne convient pas à certains et que leur propre perception des choses est rejetée, ils affirment alors que ce n’est "pas démocratique".


    Quelle lecture fait le MAK des derniers événements qui touchent le RCD, notamment les règlements de compte entre Nourredine Aït-Hamouda et Saïd Sadi ?

    Il n’y a pas d’organisations politiques qui ne connaissent pas de problèmes ou de crises. Le MAK s’interdit cependant toute ingérence dans les affaires internes des autres formations politiques. Je souhaite vivement que "ces règlements de compte" comme vous dites entre kabyles cessent rapidement car ces "déballages médiatiques" contribuent à démoraliser la militance kabyle au moment où la Kabylie réclame l’union de toutes ses forces.

    Conformément au principe kabyle, je dirais simplement : a wer yili umehzul, a wer yili umeεzul. Et même si le RCD nous témoigne quelques hostilités caractérisées, nous l’invitons fraternellement à revoir sa démarche politique afin de ne pas se tromper d’ennemi. Le MAK souhaite la convergence de toutes les énergies kabyles.
    Pour finir, je voudrais exprimer le souhait que quels que soient les chemins empruntés par les uns et les autres, la Kabylie, notre chère patrie, retrouve dans les meilleurs délais sa souveraineté au profit de ses enfants. Tous ses enfants.

    Tanemmirt i Tamazɣa.
    Afud igerrzen, teɣzi n tudert.


    Propos recueillis par
    Masin Ferkal pour Tamazgha.fr

    P.-S.

    Les notes sont de la Rédaction de Tamazgha.fr
    Notes

    [1] Né des événements qui ont marqué le Printemps berbère de 1980, le Mouvement culturel berbère (MCB) est une structure informelle qui a porté la "revendication" berbère en Kabylie. C’est autour du MCB, dont l’avant garde fut l’Université de Tizi-Ouzou, que toutes les actions de lutte pour l’Amazighité se menaient durant les années 80. Ce mouvement a gagné l’adhésion de l’ensemble de la Kabylie et ses appels et mots d’ordre ont toujours été suivis. La résistance et la lutte amazighes, voulues culturelles à l’époque, se menaient autour de ce Mouvement en Kabylie. Sa légitimité et sa représentativité ont été mises à mal en 1989 par la création du RCD (Rassemblement pour la culture et la démocratie) qui s’était fixé comme l’un des objectifs le "démantèlement" du MCB.

    [2] Le RCD, Rassemblement pour la culture et la démocratie, est un parti politique à base kabyle, créé en février 1989 avant même l’adoption de la nouvelle constitution que l’Etat algérien avait concocté pour inaugurer la nouvelle ère qui devait marquer le "changement" et la "démocratisation" de la vie politique algérienne. Nombre d’observateurs évoquaient à l’époque la main du régime algérien dans la création de ce parti chargé de canaliser les "forces kabyles" et de démanteler les réseaux d’expression et de mobilisation de la voix indépendante de la Kabylie. Ce parti a cautionné l’appel de l’Armée algérienne pour l’interruption du "processus électoral" en 1991, appel auquel il a activement participé. Pendant toute la décennie 1992-2001, il a soutenu la position des généraux dits "éradicateurs". Il a aussi soutenu Bouteflika à son retour à Alger en 1999, soutien qui s’est illustré par la participation du RCD, entre 1999 et 2001, au gouvernement de Benbitour et à celui de Benflis. En avril 2001, alors que des jeunes kabyles tombaient sous les balles des forces militaires algériennes, le RCD fait toujours partie du gouvernement algérien et ses deux ministres, en l’occurrence Hamid Lounaouci et Amara Benyounès, ne quitteront la coalition présidentielle qu’en mai 2001.

    [3] Bgayet : Bougie, Tubirett : Bouira, Tizi-Wezzu : Tizi-Ouzou, Bumerdas : Boumerdès, Buṛǧ Buɛṛaṛiǧ : Bordj Bou Arreridj, Seṭṭif : Sétif.

    [4] KDS : Kabyle de service.

    [5] Le "bachagha" est le titre d’un haut dignitaire de la hiérarchie administrative turque ottomane. En Afrique du nord, à l’époque de la colonisation turque, ce sont les supplétifs des Ottomans qui portaient ce titre. De nos jours, ce qualificatif est attribué à ceux qui sont considérés comme traîtres. En ce sens, Ould Ali Hadi est considéré par nombre de milieux kabyles comme étant un supplétif du régime algérien, chargé de servir ses intérêts et d’apporter sa contribution à l’organisation de la destruction de la Kabylie. C’est en tant que directeur de la culture à Tizi-Ouzou, puis directeur de la Maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou, qu’il a servi le régime algérien avant d’être appelé dans le gouvernement algérien pour exercer les fonctions de ministre.

    [6] "Bachaga" est un titre

    [7] Tawrirt Musa : Taourirt Moussa, le village natal de Lounès Matoub.


    SIWEL 161616 MAR 16


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    KABYLIE (SIWEL) — Le 26 février 2016, le 3è Congrès du Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK) a discuté et amendé le Projet pour un Etat kabyle en l’adaptant aux exigences du passage de la revendication d'autonomie à l'autodétermination. A l'issue de ses travaux, le 3è Congrès du MAK a adopté la version complète et définitive du PEK que Siwel publie ci-après dans son intégralité.

    Le Projet pour un Etat Kabyle (P-E-K) adopté par les Congressistes du MAK, le 26 février 2016, à At Zellal
    AFRANIMAN I TMURT N IQVAYLIYEN
    MOUVEMENT POUR AUTODÉTERMINATION DE LA KABYLIE



    Projet pour un État Kabyle
    P.E.K

    Préambule



    1. Considérant l’identité et la personnalité du peuple kabyle façonnées et affirmées au fil des siècles à travers une langue, une culture et une civilisation émanant de la grande famille amazighe, une conscience collective, une histoire commune, une organisation sociopolitique et un attachement séculaire et viscéral aux valeurs de démocratie, de liberté, de laïcité, de solidarité et de respect d’autrui,

    2. Considérant la réalité historique affirmant que la Kabylie était indépendante jusqu’en 1857, y compris vis-à-vis de l’Algérie coloniale, créée par un décret du ministre français de la guerre, daté du 14/10/1839, et à laquelle elle fut annexée par la force, notamment après l’insurrection kabyle de 1871,

    Depuis la colonisation française, l’Histoire retient tout le long de cette période la grande résistance héroïque du peuple kabyle contre, dans un premier temps, l’envahisseur français lors, entre autres, de la bataille d’Icherriden en 1857, de l’insurrection de 1871 et de la guerre d’Algérie (1954-1962), puis contre son avatar, l’Algérie postcoloniale, dans le seul but de reconquérir sa liberté.

    Depuis 1962, cette lutte a été marquée par la guerre de la Kabylie contre l’Algérie postcoloniale (1963-1965), les événements d’At Yiraten en juin 1974, la révolte de1980 appelée le « Printemps berbère », la création du Mouvement Culturel Berbère (MCB), la répression de Vgayet le 21/05/1981, la création de la Ligue des Droits de l’Homme en 1985 ayant entraîné l’arrestation de ses animateurs kabyles, le boycott scolaire (1994-1995), la révolte populaire après l’assassinat du chanteur Matoub Lounes le 25/06/1998, la révolte ensanglantée de 2001-2003, appelée « Printemps Noir », durant laquelle le régime algérien ayant tiré à balles explosives sur les manifestants avait fait plus de 7000 victimes dont 130 morts et 1200 handicapés à vie, la fondation du MAK en 2001 et la mise sur pied de l’Anavad, le Gouvernement Provisoire Kabyle en exil, le 01/06/2010.

    3. Considérant la contribution du peuple kabyle au patrimoine culturel universel, à la libération de l’Europe contre le nazisme et le fascisme et l’engagement de sa diaspora contre la politique antisémite du gouvernement de Vichy,

    4. Considérant le rôle de premier plan joué par la Kabylie dans les mouvements nationalistes nord-africains et la guerre anticoloniale dans laquelle elle s’était massivement engagée dans l’espoir de recouvrer sa propre liberté et celle de ses alliés algériens,

    5. Considérant le Congrès de la Soummam (1956) qui avait consacré le principe d’autonomie d’action des wilayas Historiques dont celle de la Kabylie (Wilaya III)

    6. Considérant l’exclusion de la Kabylité (Taqvaylit) et sa dissolution dans la définition de l’Algérianité exclusivement arabo-islamique, conjuguée aux discriminations officielles, en tous genres, frappant le peuple Kabyle depuis l’indépendance de l’Algérie à ce jour,

    7. Considérant la politique étrangère de l’Algérie qui s’engage en contradiction totale avec les valeurs et aspirations du peuple kabyle et des intérêts de la Kabylie,

    8. Considérant l’isolement politique de la Kabylie en Algérie , les soulèvements populaires de 1963, au « Printemps noir » qui l’a endeuillé de 2001 à 2003, en passant par le « Printemps Amazigh de 1980 », « le printemps de mai 1981» , « le boycott scolaire de 1994-95 », « la révolte populaire engendrée par l’assassinat de MATOUB Lounès », les nombreuses marches de protestations populaires, dont la plus emblématique ayant rassemblé plus de deux millions de Kabyles a eu lieu le 14 juin 2001,

    9. Considérant la rupture consommée entre la Kabylie et l’État algérien du fait du recours systématique de ce dernier à l’assassinat politique et à la répression sanglante ; et considérant l’usage d’armes de guerre, chaque fois que le peuple kabyle exprime son droit à l’équité et à la justice, son attachement à son identité millénaire, et ce depuis plus d’un demi-siècle,

    9. bis : Considérant l’état d’insécurité dans laquelle la Kabylie est laissée depuis 1997, contrastant avec une présence militaire algérienne qui a facilité les kidnappings d’entrepreneurs locaux et la prospérité de terroristes islamistes étrangers à la Kabylie,

    9. ter: Considérant une fiscalité discriminatoire dans les faits contre l’Économie kabyle,

    10. Considérant le rejet par le peuple kabyle de toutes les Constitutions de l’Algérie dite indépendante depuis 1962 et le rejet massif des différents scrutins, locaux, parlementaires et présidentiels,

    11. Considérant la réémergence des "Archs" kabyles en tant que mouvement citoyen limité à la Kabylie et la plate-forme d’El Kseur dont la satisfaction pleine et entière ne pouvait concrètement se réaliser que dans le cadre d’un État Kabyle,

    12. Considérant que chaque État existant de par le monde est le produit naturel de l’histoire de son peuple,

    13. Considérant la reconfiguration géopolitique mondiale après la chute du mur de Berlin et l’émergence de nouveaux pays,


    14. Considérant,

    • la Charte des Nations Unies,

    • la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme,

    • la Déclaration de Fribourg,

    • le Pacte international relatif aux Droits Civils et Politiques de 1966,

    • le Pacte international relatif aux Droits culturels, sociaux et économiques de 1966,

    • la Charte des Droits des Peuples adoptée à Alger en 1976,

    • la Charte de l’Union Africaine pour les Droits de l’Homme et des Peuples,

    • la déclaration de l’Organisation des Nations Unies (ONU) sur les droits des peuples autochtones adoptée le 13 septembre 2007,

    15. Considérant la résolution 25 du 24 octobre 1970, intitulée « Déclaration relative aux principes du droit international touchant les relations amicales et la coopération entre les États conformément à la Charte des Nations-Unies » et stipulant que « La création d’un État souverain et indépendant, la libre association ou l’intégration avec un État indépendant ou l’acquisition de tout autre statut politique librement décidé par un peuple, constituent pour ce peuple des moyens d’exercer son droit à disposer de lui-même »,

    16. Considérant que la Kabylie remplit tous les critères requis à l’accession au statut d’un État souverain siégeant au sein de l’Organisation des Nations Unies,

    17. Dans le souci :

    • d’assurer la pérennité et la prospérité de la Kabylie, en tant que nation, actuellement menacée par les politiques racistes et négationnistes de l’État algérien;

    • de mettre un terme à la confrontation permanente, cyclique et de plus en plus dramatique entre la Kabylie et ledit État algérien qui reste de type colonial


    Chapitre I : LE PEUPLE KABYLE

    1. Par sa langue, sa culture, son territoire, ses fondements sociopolitiques et son histoire passée et récente, le Peuple kabyle s’est forgé une identité et une personnalité qui lui sont propres.

    2. Femmes et hommes libres, de civilisation amazighe, les Kabyles forment un seul peuple et une seule nation. Les kabyles, sans exception aucune, sont égaux en droits et en devoirs.

    3. La Kabylie est la patrie du peuple kabyle. Elle recouvre l’espace géographique historique et sociolinguistique du pays kabyle.

    4. Le kabyle est la langue officielle de la Kabylie. L’école kabyle enseignera dans les langues nécessaires à l’épanouissement et au rayonnement culturel, économique, social et politique de la Kabylie.

    5. L’éducation sera l’une des priorités de l’État kabyle. L’école kabyle sera un lieu de rayonnement culturel et scientifique qui va assurer une instruction de qualité garantissant une bonne transmission des savoirs fondamentaux ainsi que le développement optimal des capacités intellectuelles.

    Par son attachement aux valeurs fondamentales kabyles et son ouverture sur le monde, elle va contribuer à la formation et l’épanouissement d’une jeunesse kabyle fière de son identité, imprégnée des valeurs universelles de liberté, de démocratie et de laïcité, qui sont en parfaites adéquation avec les fondements identitaires amazighs qui ont traversé les siècles.


    6. L’économie de la Kabylie sera ouverte et solidaire où toutes les initiatives seront libérées et consacrées.

    Conformément à ses traditions et valeurs ancestrales, le développement économique et social de la nation kabyle puisera ses fondements dans le génie de son peuple, de ses citoyens ou qu’ils se trouvent et de ses principales richesses du sol, sous-sol, eaux territoriales ou de son espace aérien.

    Un système financier de régulation et un système fiscal juste, efficace et moderne, expression de la souveraineté de la Kabylie, remplacera les structures algériennes dès proclamation des résultats du référendum de l’autodétermination.

    7. Environnement et richesses des territoires :

    L’environnement sera protégé et régi selon les valeurs ancrées dans la culture kabyle, respectueuses de la vie sous toutes ses formes et du bien-être collectif.

    La Kabylie, dans le respect des normes internationales, exercera son droit sur son espace aérien et maritime.

    L’état kabyle, dans un souci d’égalité et de partage des ressources et de leurs bienfaits, garantira à ses citoyens un accès équitable à ses espaces naturels et maritimes.

    L’état kabyle exploitera ses ressources naturelles dans le respect des droits de la terre, de son développement durable et du renouvellement de celles-ci.

    Chapitre II : Valeurs

    « La souveraineté de la Kabylie ne saurait se justifier sans que les valeurs ancestrales kabyles, adaptées aux valeurs modernes et universelles, ne constituent ses principes et ses fondements ».

    1. L’État kabyle consacrera le respect des Droits Humains, sans distinction de sexe, de race, de langue ou de religion. Par conséquent, le statut personnel sera uniquement régi par des lois civiles égalitaires.

    2. La liberté de conscience et la liberté de culte seront garanties par l’État kabyle. La laïcité y sera consacrée en vertu des valeurs de liberté et de respect, incarnées par le précepte ancestral de « Jmaε Liman ». Les religions et les croyances relèveront du domaine privé et strictement individuel.

    3. En vertu de son organisation sociopolitique et de la pratique ancestrale de la démocratie villageoise, le système politique de l’État Kabyle sera fondé sur les principes universels de la démocratie. La démocratie régira le fonctionnement de toutes les institutions de l’État kabyle, à l’exception des corps de sécurité.
    L’État Kabyle consacrera les libertés démocratiques, le principe de l’alternance, de la séparation et de la limitation des pouvoirs.

    4. L’État kabyle défendra ses citoyens où qu’ils soient.

    5. La Kabylie restera solidaire avec les Amazighs, avec les autres peuples d’Algérie et tous les peuples qui luttent pour leurs droits culturels, identitaires, économiques et politiques.

    6. La Kabylie, à travers son État et selon ses intérêts, entend coopérer avec tous ses voisins et les pays du monde entier.

    Chapitre III : De l’État Kabyle

    1. En tant que peuple et en tant que nation, la Kabylie disposera de son propre État souverain. Le peuple kabyle définira librement et souverainement sa forme par voie référendaire.

    2. Quelle que soit la forme de l’État qui sera choisie par le peuple kabyle, l’autorité politique sera exercée de manière démocratique, républicaine et pluraliste conformément aux valeurs kabyles qu’il convient d’adapter aux exigences modernes.

    3. Le parlement kabyle, démocratiquement élu, est tenu de respecter la représentativité effective de toute la Kabylie. Une fois élu, le parlement désignera, en fonction de sa composition politique, un(e) chef de l’exécutif qui, à son tour, formera le gouvernement.

    4. En plus du parlement, d’autres institutions nécessaires au fonctionnement et à l’équilibre des institutions de la Kabylie seront créées : Conseil constitutionnel, Conseil régionaux, gouvernements régionaux, Conseil des Archs, Sénat, ainsi que divers organes de contrôle des exécutifs, le Protecteur du Citoyen etc...

    5. Les Archs et confédérations des Archs, dissouts par le régime colonial français après le soulèvement de 1871, modernisés sous la forme de gouvernorats, reprendront leur place naturelle dans l’organisation sociopolitique du pays kabyle. Ils remplaceront les institutions imposées par le régime d’Alger qui ont pris la relève des « sections administratives des affaires indigènes » d’avant l’indépendance confisquée.

    Chaque village, institution de base du pays kabyle, sera représenté proportionnellement au nombre de ses habitants à travers des représentants démocratiquement élus par l’instance de base AGRAW /TAJMAAT.

    6. L’État kabyle disposera de ses propres armoiries, de sa propre devise, de son propre drapeau et de son propre hymne national.


    7. Quelle que soit la forme de l’État issue du référendum d’autodétermination, le peuple kabyle exercera une souveraineté pleine et entière sur son territoire, sur ses ressources et ses richesses naturelles existantes ou à découvrir.

    8. La défense, l’émission de la monnaie et la définition de la politique étrangère sont des domaines de compétence du peuple kabyle à l’issue du référendum d’autodétermination de la Kabylie.

    Chapitre IV : Modalités

    1. L’État Kabyle sera proclamé à l’issue d’un référendum sur l’autodétermination organisé en Kabylie, sous garantie et contrôle des instances internationales.


    2. Échaudé par un demi-siècle de fraudes, de falsification des urnes et de manœuvres antidémocratiques, l’Anavad et le MAK demanderont aux instances internationales de superviser et d’accompagner en tant que témoins impartiaux la mise en œuvre du référendum d’autodétermination. Il est souhaitable que celui-ci soit négocié sous l’égide et le contrôle de ces mêmes instances internationales, par des représentants (issus de toute la nation kabyle, y compris sa diaspora) élus à cet effet au cours d’un Congrès National Kabyle qui sera convoqué, comme déjà annoncé, à l’initiative conjointe du MAK et de l’Anavad.

    3. L’État Kabyle naissant, sera accompagné, le cas échéant, par les instances internationales dûment sollicitées pour une période de transition.

    4. Enfin, une Constituante sera élue pour rédiger la future Constitution kabyle sur la base du choix exprimé par le peuple kabyle à l’issue du référendum.


    Le Congrès
    Kabylie, At Zellal, le 26 février 2016.


    SIWEL 161640 MAR 16


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    TIZI-OUZOU (SIWEL) — Conformément au calendrier élaboré suite à la vague de répression qui a touché plusieurs militants du MAK, en particulier les jeunes étudiants, le Conseil universitaire MAK de Tizi-Ouzou, présidé par Slimane Kadi, a rassemblé plusieurs centaines de citoyens aujourd’hui devant le portail de Hasnaoua 1. A cette occasion, les dirigeants du Mouvement pour l’Autodétermination de la Kabylie (MAK), à savoir Bouaziz Aït-Chebib, Hocine Azem, Mouloud Hamrani, Mohand-Ouamar Hachim et la présidente du Congrès Mondial Amazigh (CMA) Kamira Naît-Sid, se sont succédé au micro dans un long réquisitoire contre le régime colonial d’Alger et l'un de ses outil répressif, la police algérienne en l’occurrence. Le chanteur Kabyle, Said Kessas, venu de Boumrdes, a été comme l’accoutumée au RDV , pour soutenir l'action du conseil universitaire MAK de Tizi Ouzou

    Rassemblement du Conseil universitaire de Tizi-Ouzou devant Hasnaoua : un long réquisitoire contre le régime colonial d’Alger et ses outils répressifs en Kabylie
    C’est la dernière bavure policière, qui remonte à la journée du mercredi passé, soit le 9 du mois en cours, qui a mis le feu aux poudres, sans compter les graves dérapages commis le 26 février dernier contre le MAK à l’occasion de la tenue de son 3ème congrès à At-Zellal où plus de 200 congressistes ont été arrêtés et empêchés de rejoindre le congrès.

    Au cours de cette journée du mercredi 9 mars 2016, Slimane Kadi et Lazhar Bessadi, propriétaires d'un magasin de matériel informatique ont été arrêtés et conduits au commissariat de Tizi-Ouzou où ils ont été accusés de mettre leur commerce à la disposition du MAK et d'utiliser leurs outils informatiques pour réaliser les impressions des tracts et des affiches du MAK. Quant au militant Mokhtar Ouazi (dit Pika) et la jeune vendeuse qui se trouvait avec eux dans le magasin au moment de l’arrestation, ils ont été relâchés à l’instant après plusieurs heures de détention illégale.

    Lors de son intervention à l’issue de ce rassemblement, Mouloud Hamrani, Secrétaire national à la formation au sein du MAK, a qualifié cette action policière d’illégale et les policiers, auteurs de cette incartade, de miliciens. « Seule la milice agit de la sorte ! », a insisté Mouloud Hamrani avant de revenir sur le cas gravissime du 26 février dernier. Concernant cet épisode, l’orateur a souligné qu’en réalité, l’opération menée contre les militants du MAK a été militaire. Mouloud Hamrani, très renseigné sur cette opération musclée a pris en considération les moyens humains et matériels ainsi que le paramètre de la méthode utilisée pour empêcher la tenue du 3ème congrès. Avec vigueur, le Secrétaire national à la formation du MAK signalera que rien ni personne ne pourra empêcher le MAK d’accomplir sa mission qui est d’arracher l’autodétermination du peuple kabyle. Toujours avec la même vigueur, Mouloud Hamrani criera très haut et très fort que ce que fait le MAK n’est ni illicite ni dans le secret. « Et, par conséquent, les indicateurs et autres délateurs que nous savons présents ici même dans ce rassemblement, peuvent à loisir prendre des photos et enregistrer nos propos ».

    Notons que la dernière observation de Mouloud Hamrani n’est pas fortuite, car bien de petits énergumènes, contre quelques misérables sous ou en échange d’une petite délinquance sans jugement, renseignent la police algérienne sur les actions du MAK. Il se trouve aussi que ces petits indicateurs et délateurs à la petite semaine sont tous identifiés par le MAK. Leur identification a été un jeu d’enfant puisque la plus part d’entre eux sont à vue d’œil des ignares et des mal élevés.

    Pour sa part, Bouaziz Aït-Chebib entamera son intervention par le rappel des causes ayant conduit le peuple kabyle à travailler à son autodétermination puisque la dernière grande agression dirigée contre la Kabylie a été traduite par la mort par balles explosives de 128 jeunes Kabyles et plus de 5. 000 autres handicapés à vie. Ensuite, le Président du MAK exposera les grands principes réunissant les droits de chaque peuple à son autodétermination. « Nous sommes à présents dans cette optique », martèlera l’orateur avant de déclarer avec grande solennité : « A présent, c’est au peuple kabyle de décider de son destin ! C’est pourquoi nous tenons à l’organisation d’un référendum lequel permettra au peuple kabyle de se prononcer sur son avenir. »

    Les dernières incartades des policiers n’ont pas été épargnée par Bouaziz Aït-Chebib non plus. Il s’adressera particulièrement aux policiers kabyles pour les avertir que s’ils croient obtenir quelque reconnaissance de la part du pouvoir colonial d'Alger en matant leurs frères kabyles, ils se trompent lourdement. « Repentez-vous pendant qu’il en est encore temps ! », leur intimera le Président du MAK. « Le pouvoir algérien, comme tous les pouvoirs coloniaux ne ressent que mépris à votre égard à chaque fois que vous faites du mal à vos frères kabyles. Et si vous persistez sur cette voie, l’histoire, qui est toujours implacable, fera votre jugement », a poursuivi le Président du MAK pour signaler ensuite que les échos faisant état de la forte présence d’officiers supérieurs kabyles dans les institutions militaire et policière ne sont en réalité que légende. » « Un Kabyle, quel que soit son grade ne commande pas ! Il n’est qu’un serviteur et n'est vu par le régime colonial d'Alger que comme tel ! », a conclu sur ce chapitre l’orateur.

    Et pour finir, le Président du MAK, à l’instar de Mouloud Hamrani, martèlera que « c’est l'Etat colonial algérien qui est paniqué et non pas le MAK ; Car non seulement c’est nous qui constituons la première force politique de la Kabylie, c’est nous aussi qui sommes dans le vrai et le juste ». Avant de remettre le micro pour un autre ténor du MAK, Hocine Azem en l’occurrence, Bouaziz Aït-Chebib fera encore un long discours où seront étalés les arguments appuyant la légitimité du combat du MAK.

    En ce qui le concerne, Hocine Azem, spécialisé dans le droit international, il mettra au pilori l’Etat algérien en l’accusant d’avoir commis une violation flagrante des droits de l’Homme, en dépit de toutes les ratifications des conventions internationales portant sur les droits de l’Homme. « L’incursion policière contre le local commercial sis à la Nouvelle-Ville en date du 9 de ce mois en est une », a déclaré l’intervenant en qualifiant à son tour l’action policière de « méthode milicienne ».

    Abordant ensuite le volet portant sur les attaques du pouvoir colonial d'Alger contre l’université Mouloud Mammeri, Hocine Azem a indiqué que «l’objectif recherché par l'Etat algérien en ciblant l’université est l’anéantissement de toute expression de liberté du peuple kabyle, car c’est à l’université, espace intellectuel par excellence, que sont nées etse sont propagées les idées modernes véhiculant la démocratie, la liberté et l’émancipation citoyennes. »

    Comme ses prédécesseurs au micro, Hocine Azem a interprété les tentatives d’intimidation d'Alger contre le MAK comme n'étant réalité que les signes de sa propre panique. Avant de laisser le micro à Mohand-Ouamar Hachim, Hocine Azem martelera que la solution au dossier kabyle ne peut être que politique. « Le militaire et le blindé ne peuvent rien régler », a conclu l’orateur.

    Mohand-Ouamar Hachim a lui aussi tiré au boulet rouge sur le pouvoir colonial d’Alger en l’accusant d’avoir régné par la force et le mensonge. «Depuis les premières heures de l’indépendance à ce jour, ce n'est que mensonge que le pouvoir a servi au peuple », a dit l’orateur avant de conclure que la seule solution concernant la Kabyle réside dans son autodétermination.

    Kamira Naït-Sid, présidente du Congrès mondial Amazigh, elle-même victime de fermeture illégale et abusive du local commercial constituant la seule source de revenu familiale, clamera elle aussi que le mensonge et les coups bas n'ont que trop duré. Pour cette Dame, la seule et unique solution pour la Kabyle est la satisfaction pleine et entière de la demande kabyle, « c’est-à-dire le droit sans condition à son autodétermination. » Signalons en dernier lieu que tous les intervenants ont appelé les femmes et les hommes kabyles à venir massivement le 20 avril prochain pour marcher à Tizi-Ouzou à l’occasion de la double commémoration du Printemps Noir de 2001 et du Printemps amazigh de 1980.

    La Déclaration/dénonciation du Conseil Universitaire MAK de Tizi-Ouzou, ci-dessous, a ensuite été lue dans son intégralité à l'assistance par Mouloud Hamrani, suivie de quelques vidéos.

    De Tizi-Ouzou, Said Tissegouine
    SIWEL 162110 MAR 16

    Rassemblement du Conseil universitaire de Tizi-Ouzou devant Hasnaoua : un long réquisitoire contre le régime colonial d’Alger et ses outils répressifs en Kabylie

    Rassemblement du Conseil universitaire de Tizi-Ouzou devant Hasnaoua : un long réquisitoire contre le régime colonial d’Alger et ses outils répressifs en Kabylie

    Intervention de Bouaziz Ait-Chebib, Président du MAK, au Rassemblement du CU-MAK de Tizi-Ouzou
    http://www.siwel.info/video/

    Intervention de Hocine Azem, secrétaire national aux relations extérieures du MAK, au Rassemblement du Conseil Universitaire-MAK de Tizi-Ouzou
    http://www.siwel.info/video/

    Intervention de Kamira nait-Sid, Présidente du CMA,suivi de Mouloud Hamari, Secrétaire national du MAK à la formation, au Rassemblement du Conseil Universitaire-MAK de Tizi-Ouzou
    http://www.siwel.info/video/

    Intervention du Président de la Coordination MAK-ATH YENNI, au Rassemblement du Conseil Universitaire-MAK de Tizi-Ouzou
    http://www.siwel.info/video/


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